Escapade en vélo

Tableau de sable - Inspiration Photo Otho Lloyd, Barcelona, España, 1946

Plusieurs images ont contribué à de nouvelles recherches pour connaitre toute l’histoire de la bicyclette.

 

D’abord Internet est un prodigieux album de photos anciennes pour trouver l’inspiration dans la composition de mes tableaux de sable. Parmi ces images sont apparus des précurseurs de notre vélo actuel.

 

Ce sont des captures d’images lors de nos voyages, des instants de vie,  comme ces enfants en Ouzbékistan qui voulaient nous montrer leur inventivité à adapter de la lumière sur leur petit vélo..

 

C’est aussi ce tisserand écossais, d’une petite entreprise de tissage de l’île de Skye, qui a repris un métier à tisser et a adapté un système pédalier de vélo pour faire son tissu (Skye weavers powered by pedal). C’est ainsi que sportivement il tisse son beau tweed pendant des heures!!!

 

D’autres photos de vélo anciens ou en des lieux insolites ont été capturées au cours des balades, voire une peinture sur une palissade devant une vitrine en Écosse.

Irlande

 

Ecosse - Dumfries

 

C’est une histoire de tandem avec la visite de la petite île anglo-normande de Sercq (proche de Guernesey), qui ne se visite qu’à pied, en carriole, ou en vélo (location alors pour nous d’un tandem), car les véhicules automobiles sont interdits (sauf les tracteurs). Puis c’est l’acquisition d’un tandem moderne en remplacement d’un autre vétuste pour continuer une remise en forme  à deux.

 

Diseappearance - Michael Riendeau as Anthony Sullivan  sur son velo

Enfin c’est l’histoire d’un petit vélo jaune, aperçu dans une série télévisuelle (Disappearance), qui a ouvert une fenêtre sur mon enfance. J’allais à l’école primaire, chevauchant mon petit vélo jaune et comme la côte à monter était dure, mais tellement agréable à redescendre à la fin des cours!!!

Un peu d’humour de Pierre Dac :

« Il est idiot de monter une côte à bicyclette quand il suffit de se retourner pour la descendre »

C’est aussi la chanson de Yves Montand qui résonnait à cette époque:

Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
A bicyclette
Nous étions quelques bons copains…

Pour commencer ce nouveau voyage,  voici un aperçu des synonymes:  petite reine, bécane, cycle, bicycle, clou, vélo abréviation de vélocipède, biclou, tandem , mais aussi triplette, quadrupette, vélocifère ou célérifère, draisienne…

 

Wilhelmina Helena Pauline Maria, reine des Pays-Bas en vélo jardins du palais de Soestdijk 1938 - Source WikipédiaL’expression « la petite reine » serait liée à une jeune néerlandaise qui devient reine à 10 ans, grande amatrice de bicyclette (Wilhelmine d’Orange-Nassau) et parait dans un article en 1898 dans « la France illustrée »  alors que la souveraine est de passage à Paris. Ce surnom désigne ensuite la bicyclette elle-même, nom popularisé ensuite par un reporter qui dans son histoire du vélocipède a parlé de la « reine bicyclette ».

 

 

 

Le mot bécane a d’abord signifié mauvaise locomotive (1841), avec assimilation du bruit de la machine au cri de l’oiseau qui frappe du bec. Il a pris le sens de bicyclette en 1890. Ce nom a connu un renouveau après-guerre grâce au succès du constructeur Motobécane et de la célèbre Mobylette (1949), mot formé à partir de mobile et bicyclette. Actuellement il désigne aussi une machine, en particulier un ordinateur…

 

 

Le biclou est une expression argotique. Le clou a désigné fréquemment une automobile usée, un vélo usagé. Le mot biclou provient du croisement de clou et bicyclette.

Le tandem a connu ses heures de gloire vers 1930 à l’instauration des congés payés. Des couples qui ne pouvaient pas s’offrir le luxe d’une automobile pouvaient alors aller se balader ensemble sur les routes. L’expression « travailler en tandem » vient de là en référence à l’efficacité d’une action en duo. Il existe des versions à 3 ou 4 places: triplette, quadruplette. D’origine anglaise, le nom viendrait du latin tandem qui signifie « enfin, à la longue ». Ce mot était utilisé dans l’argot étudiant anglais pour exprimer l’idée de longueur d’un attelage interminable. Les étudiants raillaient ainsi les carrosses des personnes huppées, attelés d’une double colonne de chevaux, l’une à l’avant, et l’autre à l’arrière. Ce terme désignait auparavant un cabriolet découvert attelé de deux chevaux en flèche, d’abord en anglais (1794) , puis en français (1816).

 

 

 

Les premiers croquis illustrant un véhicule à 2 roues, ressemblant à une bicyclette, seraient attribués à Léonard de Vinci  mais dont l’authenticité n’a pas été prouvée.

Célérifère - Source pages.techno.free.frA la fin du XVIIIème siècle le Comte de Sivrac aurait inventé le « célérifère », premier véhicule à 2 roues présenté comme un cheval de bois auquel 2 roues auraient été fixées.

 

 

 

Karl Drais von Sauerbronn - Source WikipédiaL’histoire de la bicyclette remonte en 1817 avec un baron allemand (Karl Drais von Sauerbronn) qui a inventé sa « machine à courir ». Il était assis sur une poutre en bois reliant 2 roues et il avançait par action de ses pieds au sol. Cette « Laufmaschine » a été appelée ensuite vélocipède en 1818 et draisienne en l’honneur de son inventeur.

 

 

Kirkpatrick Mac Millan - Source PinterestEn 1839, l’écossais Kirkpatrick Mac Millan, forgeron,  fut le premier à perfectionner la draisienne en entraînant la roue arrière à l’aide de leviers et un système de pédales. Il devenait possible de rouler sans que les pieds ne touchent le sol par un mouvement de va-et-vient des jambes (et non un mouvement rotatif).

 

 

 

Bicycle de P et E Michaux - 1910 - Place de la Concorde - Source lepetitbraquet.frEn 1861 les Michaux, Pierre et Ernest  (serruriers) ont réparé et perfectionné une draisienne à la roue avant défaillante  en l’équipant d’une « pédivelle » (brevet d’invention en 1868), qui va devenir la pédale, d’où la création d’un pédalage rotatif. Le vélocipède (« michaudine ») est né et fut le premier succès commercial de la bicyclette. Le vélocipède à pédale connait un franc succès à partir de 1867.

 

 

 

Pierre Lallemant - 1870 - Source WikipédiaD’autres pionniers revendiquèrent avoir inventé un système à pédale comme Pierre Lallement dès 1862 qui émigra aux USA puis obtint un brevet américain en 1866 pour sa machine qu’il appella « bicycle ». Certains appellèrent cette machine « boneshaker » ( secoueuse d’os) du fait des roues, en bois cerclées de fer. Le confort relatif apparait en 1869 avec des garnitures de roues en caoutchouc dur.

 

 

 

 

 

Plusieurs inventeurs ont créé des prototypes nouveaux mais qui n’ont pas eu de suite comme cette machine entièrement métallique avec transmission par chaîne, conçue par l’horloger Guilmet et réalisée par le constructeur Meyer en 1869.

En 1870 un anglais James Starley améliora ce vélocipède , en l’allégeant et en le munissant d’un grande roue à l’avant. Le « Grand Bi «  est né permettant d’atteindre des vitesses plus grandes.

 

En 1879 H. J.  Lawson créa le système de transmission par chaine de la force du pédalage  ainsi fut créé le pédalier vers la roue arrière. Mais il ne connut pas le succès commercial du Grand Bi alors en plein essor.

Starley-cycle - Source PinterestC’est en 1884 à Jonh Kemp Starley (son neveu)  que l’on doit l’ancêtre de la bicyclette actuelle « la bicyclette de sécurité » car plus sécuritaire que le Grand Bi, avec des roues de taille raisonnable et une transmission par chaîne.

Depuis cette date la bicyclette a dans sa forme générale fort peu évolué, l’ère des pionniers se termine ouvrant la voie à une industrie en plein essor.

Ensuite ce sont des avancées technologiques qui se sont succédées:  avec l’apparition de système de chambre à air, en 1888, un vétérinaire écossais, John Boyd Dunlop, inventa un bandage en caoutchouc rempli d’air (qui contribua à améliorer le confort du cycliste),  les français André et Edouard Michelin apportèrent le pneu démontable en 1891 ( séparant la chambre à air du pneu). Les innovations se succèdèrent:  les freins (à patin, à mâchoire, à rétro-pédalage), les changements de vitesses, les dérailleurs etc… Au début, l’éclairage des cycles était constitué d’une bougie puis d’une lampe à acétylène montée à l’avant sur une suspension à ressort puis vinrent la dynamo et l’ampoule électrique.

Photo ancienne - Bloomer - Source PinterestLes bicyclettes sont devenues un produit industriel dès 1890 (en France Peugeot, Mercier, Manufrance…) et à des prix abordables. Ceci a contribué aussi à l’émancipation de la femme. En 1895 certains moralistes et médecins affirmèrent que « la bicyclette était une menace pour la santé physique et morale des femmes et encourageait exhibitionnisme et dévergondage, voire à développer des pratiques masturbatoires » (en chevauchant une selle et en se mettant en mouvement). De plus les vêtements à l’époque n’étaient pas adaptés. Les femmes se sont battues pour porter le bloomer (sorte de jupe-pantalon) pour pouvoir pratiquer la bicyclette et se libérer du corset.

 

 

En 1900 la bicyclette moderne est née avec  ses 2 roues de même taille, sa chaine de transmission et ses pneus démontables, gonflés à l’air. Beaucoup de modèles de vélo sont décrits (portant le nom de leur inventeur), vélo couché, vélo pliant, vélo de course, vélo utilitaire, side-car etc…. Ce fut le premier moyen de locomotion rapide utilisé par les policiers. Ils portèrent alors ce surnom d‘hirondelle, comme le nom de leur vélo, car leur silhouette avec la pèlerine flottant au vent évoquait cet oiseau …

 

Cette évolution technologique a eu un regain dans les années 80 avec l’apparition du VTT et de nouvelles innovations (changements de vitesse « indexés », suspensions, matériaux nouveaux (titane, fibres de carbone..). En un siècle, le vélo a beaucoup évolué, de la position du cycliste à la transmission en passant par la taille des roues. Aujourd’hui, l’évolution du vélo porte sur ses matériaux, sa transmission (courroie, électrique, boîte de vitesses) et ses équipements (suspensions, freinage),  toujours plus légers, confortables, faciles à utiliser. L’histoire du vélo est tellement vaste que plutôt de s’y attarder il est plus intéressant de se poser devant l’évocation du passé avec des photos anciennes. 

Ainsi beaucoup de photos anciennes montrent l’attrait du vélo de tout temps,  son utilisation en toutes circonstances,

 

 

autant les adultes que les enfants,

 

 

 

voire des exploits sportifs comme dévaler des escaliers en vélo!!!

ou ce fou du vélo

Photo ancienne - Source forum.tontonvelo.com

 

Beaucoup d’autres photos montrent des célébrités et des stars  chevauchant leur bicyclette.

 

L’engouement pour le vélo (économe en énergie) a de plus en plus « le vent en poupe » du fait de la montée des idées écologiques et de l’urgence de préserver notre planète de la pollution. Dans certains pays (notamment nordiques) c’est devenu tout un style de vie pour se déplacer. En France l’aménagement de pistes cyclables se fait progressivement. Une prise de conscience des avantages de la pratique au quotidien du vélo progresse avec ces notions des bienfaits pour l’environnement et pour la santé publique du fait de l’activité physique.

Tableau de sable - D'après une photo de 1933 - Source Pinterest

 

 

Pour terminer j’ai retenu mon coup de cœur: une photo d’Einstein pour réaliser un tableau de sable avec sa citation que j’affectionne:

« La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre »

 

 

 

 

 

Écosse « l’appel du large »

St-kilda-from-sea - Source Scotland info guide

 

St-kilda-fulmars-tallest-cliff - Source Scotland info guideAprès un 15ème voyage en Écosse nos objectifs photo captent toujours de superbes images. Ce n’est jamais la même lumière. La faune, la flore, les vieilles pierres, les paysages… chaque fois renouvelés  apportent l’émotion et les couleurs. L’envie d’en découvrir davantage nous a poussés à prendre des ferries ou de petites embarcations pour aborder des îles. Que d’îles encore à explorer!!! Ce sont des photos envoutantes actuelles et anciennes de livres (feuilletés dans un cottage de l’île de Skye), de l’une de ces îles, Saint Kilda, qui ont suscité ce nouvel article sur l’Écosse. Mais avant de m’attarder sur ce lieu (et son histoire) que nous n’avons pas parcouru, je vais « survoler » tel un drone, d’autres îles (surtout des Highlands à l’ouest de l’Écosse) sur lesquelles nous  avons « accosté » pour un jour ou une semaine (avec des milliers de photos recueillies…) et dont certaines mériteraient à elles seules de s’y attarder pour d’autres articles.

 

L’île se SkyeNeist Point lighthaouse est celle dont on ne se lasse pas  avec 9 séjours reposants. Elle est reliée à la côte nord-ouest de l’Écosse par un pont ouvert en 1995 (lequel au départ était payant) et fait partie des Hébrides intérieures. Elle est réputée pour ses paysages sauvages qui ont servi comme décors dans de nombreux films ou séries (notamment une ligne de crêtes allant de l’Old Man of Storr -monolithe de 55m de haut- au massif du  Quiraing -formation géologique d’origine volcanique-). De nombreuses randonnées jalonnent cette île dont certaines sont impressionnantes (telle celle pour accéder au phare: Nest point) et apportent chaque fois des images et sensations nouvelles. Une météo purement écossaise, très changeante, est à l’origine de jeux de lumière fabuleux.

Pont - Île de Skye

 

 

Quiraing

Raasay - Mermaid

Un petit ferry nous a conduits sur l’île de Raasay qui faisait partie du panorama quotidien de notre cottage sur l’île de Skye (« la Old Church »).

 

Skye - Raasay

 

 

 

 

 

 

Île de ScarbaLe livre « le Rayon vert » de Jules Verne nous a incités à suivre ses personnages dans leur périple « écossais. Au départ ceux-ci affrontent le détroit de Coryvreckan, dangereux avec un toubillon  vers l’île de Scarba inhabitée.  Une autre grande île Mull (au sud de l’île de Skye) a servi de « tremplin » pour accéder  aux îles de Iona (et son abbaye; évoquée précédemment) et  surtout Staffa étonnante, « point d’orgue » du roman avec « ses orgues basaltiques » et sa « Fingal’s cave » qui a inspiré de nombreux artistes. L’auteur avait visité cette île en 1879 et disait:

Staffa - Fingal's cave« Cette vaste caverne, avec ses ombres mystérieuses, ses chambres noires couvertes d’algues et ses merveilleux piliers en basalte, m’a vivement impressionné ».

 

Staffa

 

 

 

 

Sur l’île de Mull nos objectifs photos ont « capturé beaucoup de hérons très craintifs, difficiles à approcher.

 

L’ île de Seil plus au sud, est reliée à la côte par « le Pont de l’Atlantique » ou « Clachan bridge » (à une seule arche), conçu par John Stevenson, construit en 1792-93 , offre peu de visibilité quand on s’y engage!!. L’île conserve un passé typique, pittoresque avec ses maisons de pêcheurs blanches, alignées les unes contre les autres. Ces maisons au départ étaient celles d’ouvriers travaillant dans l’exploitation d’ardoises. Celle-ci cessa au XIXème siècle au profit de la pêche. Un superbe jardin floral envoutant (An Cala) complète ce tableau, très prisé des photographes amateurs de couleurs et d’authenticité.

 

Cormoran - TrenishC’est aussi la recherche de photos toujours plus surprenantes, moments de vie, sur des îles comme les Treshnish et Handa. Ce sont des réserves ornithologiques qui offrent de superbes prises de vue uniques. Ce monde des oiseaux est fascinant. Ces îles sont attirantes, mais parfois la météo changeante (comme une averse brutale) troublent l’enthousiasme du départ, puis un rai de soleil éclaire à nouveau ce spectacle vivant, tellement différent d’une agitation urbaine, de quoi retrouver une certaine sérénité…

 

Une autre île Bass Rock à l’est d’Edinburgh, inaccessible au public est le lieu de nidification pour des milliers d’oiseaux des fous de Bassan surtout. Ceux-ci teintent de blanc ce gros rocher escarpé cerné de falaises et côtoient  un phare blanc, les ruines d’un château et d’une chapelle.

 

ÎLe de Skye - Coral beach - LampayNos avons attendu la marée basse pour accéder à pied sur des petites îles où seuls cohabitent  des phoques et des oiseaux (Rough, Oronsay, Lampay…). Certains touristes peuvent se laisser piéger quand la marée  remonte!!!Lampay

 

 

 

 

 

 

Gigha - Plages jumellesUne petite île Gigha (côte ouest du  Kintyre péninsule du sud-ouest de l’Écosse) est intéressante à découvrir au printemps avec toute sa flore éclatante dans un grand jardin, et ses « plages jumelles ».

 

Lewis - Harris

 

Un ferry nous a menés aux Hébrides extérieures  Lewis-Harris. Là encore c’est comme chaque fois le même plaisir de découvrir de nouveaux  terrains de « chasse photographique ». C’est lorsque la lumière est la plus belle pour « capturer » toute la beauté des paysages que parfois c’est à « couper le souffle ». Pourtant loin de la pollution atmosphérique c’est un air pur iodé marin qui chatouille l’odorat quand la mer s’agite. Que retenir en plus de ces îles qui  mériteraient à elles seules un chapitre entier? Ce sont toutes ces grandes plages de sable blanc, très peu fréquentées, et toutes ces couleurs de ciel et mer alliant une large palette de bleus, verts, turquoise, gris de quoi inspirer l’âme créative d’artistes etc…

 

 

Lewis  comprend notamment le site mégalithique de  Callanish, ensemble majestueux de pierres érigées sans doute vers 3000 av J.-C. Les 13 pierres principales forment un cercle de 13 m de diamètre au centre duquel se dresse un monolithe de 4,8 m de haut. Quand le soleil du soir darde ses derniers rayons l’imaginaire peut voguer vers un passé tellement lointain que différentes théories essaient d’accrocher (calendrier, dévotion …??).  Les phares, protecteurs pour les marins, sont omniprésents en Écosse et sont des lieux de randonnées. Ils dressent fièrement leurs murs blancs  le long des côtes et sur les îles, mais le phare de Lewis est en briques rouges. Je termine ce bref aperçu par une des caractéristiques célèbres de Harris qui est son très beau tweed, fabriqué à partir de pure laine vierge teinte, filée et tissée à la main.

 

L’Écosse est reconnue aussi pour son whisky avec de très nombreuses distilleries, c’est ainsi que la petite île d’Islay en compte 6 (bientôt 8). Ce qui nous a marqués entre autres en ce lieu, c’est l’amabilité et la gentillesse des habitants souriants qui engagent spontanément des échanges. C’est ce petit port pittoresque bordé de cottages blancs avec une toute petite plage à Portnahaven.  C’est aussi  une curiosité, cette petite église  (parish church) avec ses 2 entrées que 2 villages se faisant face dans la baie, se partagent Portnahaven et Portwemyss. Une autre église (à Bowmore) présente une particularité, elle est ronde et selon la légende c’est « pour empêcher le diable de trouver une cachette »  (ronde à l’extérieur et ronde à l’intérieur).

 

 

Île d' AranD’autres îles (Bute, Aran, Kerrera) comme beaucoup d’autres îles possèdent leur histoire avec leur château, leurs légendes, leurs vieilles pierres, leurs menhirs… qu’il est intéressant de découvrir. Des petites embarcations nous ont menés aussi  à d’autres petites îles sur des lacs, lochs, ou rivière qui dressent fièrement leurs vieux murs, châteaux ou abbaye (loch Leven Castle où Marie d’Écosse a été emprisonnée, Threave  castle sur la Dee où un mannequin prisonnier pourrait apparaître comme un fantôme,  Inchmahome Priory fondé en 1238 sur le Lac de Menteith). Nous n’avons jamais pu visiter le château de Stalker situé sur une petite île (du Loch Laich). Au départ peu de visites étaient organisées, puis le nombre de visiteurs a été limité, enfin à deux reprises notre réservation pour l’embarcation menant à cette île a été annulée au dernier moment.

 

 

Inchmahome priory

 

 

Inchkolm abbeyChaque lieu reflète une certaine atmosphère marquée par son passé. Beaucoup d’autres îles seraient à découvrir lors d’autres voyages. Les îles Shetland et Orkney sont tout au nord. L’île de Inchcolm et son abbaye  est située au nord d’Edimbourg (sur le Firth of Forth) que nous apercevions à l’arrivée en Écosse quand le ferry de Zeebruge nous menait directement en Écosse (mais malheureusement ce ferry n’existe plus!!). Enfin bien d’autres îles des Hébrides intérieures  seraient à parcourir, comme l’île de Rhum petite île avec son château de Kinloch, sa géologie unique (noyau d’un ancien volcan) et dont l’historique est riche….

 

St-kilda-dun - Source Scotland info guide

Alors pourquoi un intérêt surtout pour St Kilda? Ce sont donc d’abord des photos assez spectaculaires et fascinantes qui ont motivé le désir de  connaitre plus l’histoire de cet archipel (à défaut d’avoir pu le visiter). C’est un site assez fantastique, perdu dans l’océan, battu par les vents. Il est isolé dans l’océan atlantique, loin des côtes écossaises (163Km) et des Hébrides extérieures (70Km), inhabité depuis août 1930.

Saint kilda - carteCet archipel volcanique (formé sur les restes d’un volcan annulaire) comprend les îles de Hirta (la plus grande île), Dun, Soay ( « l’île du mouton ») et Borera. Dun était reliée à Hirta par une arche naturelle détruite probablement lors d’une tempête. St Kilda présente des paysages spectaculaires, des falaises vertigineuses  parmi les plus hautes d’Europe qui tombent à pic dans la mer, des éperons d’érosion marine, des versants abrupts qui plongent dans la mer à partir de pentes escarpées de plus de 375m. Une  image plus reposante est  le village Bay sur Hirta sur un site en pente douce et où  sur cette île le plus haut point de l’archipel culmine à 430m (Conachair).

 

Pour illustrer ces propos j’ai « navigué » sur internet pour retrouver des photos anciennes et j’ai feuilleté des livres en Écosse.  St Kilda vu du ciel

 

 

 

 

 

St Kilda - Hommes oiseaux" -chasse aux fulmarsComment imaginer une colonisation humaine (inférieure à 100 habitants en 1851 qui n’aurait jamais dépassé 180), dans des conditions extrêmes d’une vie insulaire rude, sur cet archipel balayé par les vents et les tempêtes, isolé loin du monde extérieur qu’ils ne connaissaient pas. Le climat est océanique avec de fortes précipitations et la température reste fraîche. C’est aussi l’histoire humaine de « chasseurs d’oiseaux » à flanc de falaise (surnommés « hommes oiseaux »). Ils n’étaient pas des pêcheurs car la pêche était considérée comme trop dangereuse. Ils vivaient dans une nature hostile, dans la rigueur des éléments, en quasi autarcie, isolés pratiquement de la civilisation pendant des siècles (symbole de liberté et d’utopie). Ils vivaient et travaillaient ensemble, solidaires, unis jusque dans le mort de tous leurs actes de vie.

 

The St Kilda ParliamentLeurs rêves étaient souvent les mêmes. Jusqu’à la fin du XVIIIème siècle ils ne connaissaient ni l’écriture, ni la guerre, ni l’argent, ni le miroir… Ils avaient un grand sens de la communauté. A noter un aspect particulier de la vie à St Kilda chaque matin les hommes se réunissaient en un « parlement » journalier, après la prière, dans l’unique rue du village  et décidaient des activités du jour.

 

St Kilida

 

St Kilda - "Navire postal"

 

Jusqu’à la fin du XIXème siècle les habitants  communiquaient avec le reste du monde en allumant un feu au sommet du point culminant de l’île (Le Conachair). Puis un visiteur de l’île fut à l’origine de la création du « navire postal », petite bouée contenant un message pouvant ainsi envoyer ce message vers les îles Orcades, voire la côte ouest de l’Écosse en fonction des vents et courants.

 

L’histoire de St Kilda remonte à la préhistoire (découvertes archéologiques). Le 1er document mentionnant cet archipel date de 1202. L’histoire retrace la présence d’aumôniers et de Révérends (certains mieux appréciés que d’autres) tentant d’apporter leur religion (les insulaires étaient portés vers le druidisme). Puis ils améliorèrent les conditions de vie, et  amenèrent l’éducation scolaire.  

 

Départ de St Kilda - 1930Des navires au XVIIIème siècle apportèrent variole et choléra et pour repeupler des familles de Harris sont arrivées (comptant alors jusqu’à 100 habitants), puis 36 insulaires émigrèrent en Australie. Le début du tourisme au XIXème siècle apporta aussi le tétanos puis une épidémie de grippe frappa cette communauté en 1913. La population cependant est restée stable (75-80 habitants).  Alors que pendant des siècles cette communauté insulaire avait survécu dans un environnement rude et un isolement relatif, de nombreux facteurs en « sonnèrent le glas ». Le tourisme et la présence militaire de la 1ère guerre mondiale, la grippe en 1926, la mort d’une jeune femme d’une appendicite en 1930, de mauvaises récoltes, le départ de la plupart des jeunes, la population qui avait alors chuté à 37 ( en 1928) demanda son évacuation avec tristesse. Ils laissèrent le feu allumé dans leur cheminée et leur vieille  bible ouverte à la page de leur exode.

St Kilda - HirtaSt Kilda a été occupé depuis plus de 4000 ans jusqu’à ce départ des derniers habitants en août 1930. Des vestiges témoignent de son passé historique, des peuples qui y ont vécu et leur mode de vie (maisons, cleits: structures en pierre sèche, ).  La subsistance de ces peuples a été basée sur l’exploitation agricole des terres (orge, pommes de terre), l’élevage de moutons et les produits des oiseaux (viande, plumes, oeufs). Les marques du passé de cette civilisation insulaire sont des cercles de pierres énigmatiques datant de 1850 av J.-C , les ruines d’un village médiéval, puis la construction d’un nouveau village de « black houses » et de nombreuses petites constructions en pierre sèche appelées « cleits », jouant un rôle de conservation des différentes ressources, puis de resserres universelles (pour la tourbe, les filets de pêche, les céréales, pommes de terre, viande salée, fumée etc…). Ces cleits étaient des petites huttes, construites avec une pierre unique en guise de toit.  Les murs comportaient des petites pierres positionnées avec des interstices pour laisser passer le vent afin de préserver la nourriture exposée (en la rafraichissant).

 

St Kilda abrite des colonies d’oiseaux très importantes (surtout de  fous de Bassan, mais aussi de macareux, fulmars, pétrels, grands labes… et aussi une espèce endémique de troglodytes). C’est le plus grand sanctuaire d’oiseaux de l’Atlantique nord. Sur l’île de Soay des moutons sauvages (environ 200, race rare) témoignent de l’occupation antérieure de l’île (apportés par les 1ers résidents). Sur l’île de Bororay d’autres moutons issus de croisements sont les plus petits moutons des îles britanniques et dont l’existence est jugée critique.  D’autres résidents cohabitent des mulots, des phoques…. L’isolement de cet archipel a contribué à un manque de  biodiversité  et ne possède pas d’arbre.

St KildaCe patrimoine (classé au patrimoine mondial de l’Unesco pour son importance naturelle et culturelle, le site le plus inaccessible d’ Europe), est devenu la propriété du National Trust of Scotland en 1957. IL  est préservé, avec conservation du paysage et c’est une réserve naturelle protégée, un site d’intérêt scientifique. Le ministère britannique de la défense assure actuellement une présence depuis 1957, ainsi que des associations de conservation et de chercheurs. C’est un endroit jugé fascinant aussi pour la plongée sous-marine (avec cavernes englouties, arches et abîmes, mouvement des vagues produit par la houle observés jusqu’à 70 m de profondeur…).

Cet archipel a inspiré plusieurs  personnes: cinéastes, musiciens voire un opéra (joué  en 2007 en même temps dans 5 pays différents en mémoire de ce peuple), romanciers voire  des auteurs de  bandes dessinées. De nombreuses vidéo et photos sur internet permettent d’accéder virtuellement à cet archipel à défaut de le découvrir réellement…

 

 

Au hasard du cheminement d’un questionnement

Tableau de sable

 

Tableau de sableJ’ai retrouvé par hasard un petit papier, plié en trois, porteur d’un message, écrit d’une écriture fine et parfois difficilement lisible. Il fait écho à un article précédent « Absence » pour apporter une certaine lumière à un questionnement longtemps resté sans réponse, comme une longue marche dans un désert; mais il ne peut qu’entretenir la profonde tristesse d’être « passé à côté » de non-dits…

 

 

                                 Sens absent

Écouter,

Écouter, écouter, écouter!

Mais avec quel organe si ce n’est la cochlée,

Le tympan, marteau, enclume et étrier?

L’ouïe est condition de la vision,

L’absence d’ouïe modifie la vision,

Au point de la dissoudre à néant

Comme l’argile dissout les morts gisants.

Lire dans les regards, n’est-ce pas

Entendre avant tout les peines

Que le cœur par trop de tendresse

Se refuse à conserver

Au plus profond de ses fibres

Qui lui sont chères?

Ne pas entendre signifiant ne pas être entendu,

La surdité fatale oblige

Le sourd à être mutique

Leurs plaintes secrètes doivent le rester ou disparaître

Dans l’abîme des sentiments.

Mais si le flot de la conscience échoue à étouffer

Le mal complice de la tristesse

Alors le malheureux atteint de l’incurable surdité

Doit quitter le monde charnel qui le déchire

Pour un royaume où il est le Maître,

Le vide où les sens sont prohibés.

Il ne doit pas penser aux pleurs des proches sur son corps mourant

Car les larmes trahissent le sentiment que le sens manquant du sourd

Vise à réduire en pétales de fleurs en une infime fraction de bonheur.

Bienheureux est celui dont l’audition n’a pas faussé compagnie.

Malheureux soit le malentendant

Que la flûte de Syrinx attirait étant enfant

Et qui maintenant ne sont pas le moins du monde

Que l’extase n’est point l’onde que musiciens savent combiner en harmonies,

Mais au contraire au Néant, c’est-à-dire l’absence complète des six sens

                            La Conscience

                                              L’ivresse

                                                              La Mort salvatrice

 

Tableau de sable - D'après une photo de 1933 - Source Pinterest

 

Et il faut continuer d’avancer comme le disait Einstein:

« La vie c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre ».

 

 

 

 

 

 

 

Dans le silence des abbayes

 

Sweetheart abbey - Ecosse

 

Soeur Emma« Au détour d’un chemin creux, une porte de bois, dans un châssis en pierres, qu’une croix de fer surmonte: c’est l’entrée de l’abbaye » André Suarès

Cet article pousse la porte des abbayes, monastères, couvents, prieurés… avec  cette question: quelle est la différence entre ces lieux?

Pourquoi un tel sujet? C’est tout un passé de ma jeunesse en fait qui a ressurgi lors de la découverte d’une  petite photo (datant de 1958), retrouvée au hasard du tri d’archives  concernant  mes parents. C’était  « sœur Emma », une cousine de mon père,  à laquelle mes parents étaient très attachés et que nous allions voir quand elle était sur le chemin de nos vacances: Montpellier,  Lyon et Lourdes où elle a terminé sa vie. Mes souvenirs restent vagues quant à ses couvents.

La corrérie - la Grande Chartreuse - source WikipédiaD’autres souvenirs ont ressurgi durant le cheminement de l’approche de ce thème. Le musée du monastère de « La grande Chartreuse » qui ne se visite pas (maison mère des moines-ermites de l’ordre des Chartreux), et donne un aperçu  de la vie des moines.  Il est situé dans la correrie (appelé aussi « maison basse » de ce  monastère) lieu qui était destiné à l’habitat et aux ateliers des frères convers (chargés des travaux manuels et taches séculières du monastère). J’ai aussi en mémoire des chants grégoriens de tradition dans les monastères, mais ceci est à lui seul un vaste sujet!!!

 

J’ai tant d’images en tête,  lors de voyages (en Écosse, en Irlande, en France…),  de  monastères et d’abbayes, de « vieilles pierres » toujours aussi prestigieuses même en ruine qu’il est difficile de ne pas s’égarer dans les recherches sur un tel sujet. En effet quand on ouvre un chapitre sur un mot précis beaucoup d’autres pages se présentent…

 

Car ces lieux de paix sont marqués par l’histoire et le mystère voire le secret et dégagent toute une atmosphère particulière. Certaines abbayes bénédictines, dans différents pays (comme Montserrat en Catalogne, Pluscarden en Ecosse, Göttweig en Autriche…),  ouvrent leurs portes à de nombreuses personnes. Ces gens croyants ou non, de tous les âges sont en quête de silence, de méditation, aspirent à une pause à l’écart du monde ou du travail et recherchent à retrouver « un sens à leur vie » dans le calme et la sérénité.

Kylemore - Irlande - Mausolée D’autres comme l’abbaye bénédictine de Kylemore en Irlande dans le Connémara, fut une école très réputée de par son niveau. Elle fut fondée en 1920 sur le site du château de Kylemore construit à partir d’une histoire d’amour débutée en 1852. La vocation des sœurs a été l’éducation de jeunes filles non seulement irlandaises mais aussi de toutes nationalités mais elle ferma ses portes définitivement pour les élèves en 2010. Elle reste un  agréable lieu touristique, afin d’en financer l’entretien et d’assurer sa pérennité. Un mausolée réunit pour l’éternité le couple Margaret Henry et son mari Mitchell qui sont à l’origine de la construction de ce château achevée en 1871. En 1874 Margaret décéda tragiquement suite à une infection intestinale contractée lors d’un voyage en Egypte, en famille (ils avaient 9 enfants). Son corps fut rapatrié à Kylemore pour y être enterré dans le mausolée du parc du château. En son souvenir, Mitchell Henry fit également bâtir une église gothique dans le parc,  achevée en 1881. Mitchell  est mort quant à lui en 1910 et l’a rejoint « pour l’éternité ».

Kylemore - Irlande

 

Rosserk abbey - IrlandeClaregalway abbey - Irlande Toutes les abbayes ont leur historique qu’il est intéressant d’étudier avant d’y pénètrer. Certaines sont en ruine avec un passé tourmenté et douloureux comme en Irlande où le nom de Cromwell a laissé une trace sanglante de son passage, de destruction et reste dans la mémoire des irlandais. Ces abbayes semblent endormies dans leur lit de verdure et enchantent le promeneur, loin de ces  drames d’antan qui ont pu s’y dérouler.

Kelso Abbey - EcosseCependant quelques fleurs accrochées à leurs murs, quelques oiseaux résidents de ces lieux  insufflent un instantané de vie sur ces belles endormies. Les rais de lumière quand le soleil darde ses rayons réveillent ces vieilles pierres, avivent l’œil du photographe et inspirent le peintre. Ces lieux n’ont rien perdu de leur majesté…

Ross abbey - Irlande

Rosserk abbey - Irlande

 

 

 

 

David Roberts - Melrose Abbey - EcosseCes sites intéressent non seulement l’œil du photographe, des historiens, mais aussi des peintres, des scénaristes (pour des lieux de tournage de films), des écrivains (cadre principal de leur histoire)…  C’est aussi  une adaptation d’un roman porté à l’écran,  comme « le nom de la rose » d’Umberto Eco, qui donne toute la dimension à l’imaginaire et fait voyager aussi dans une bibliothèque irréelle.

 

Parfois la réalité brise un rêve. C’est ainsi que les illustrations du livre de Jules Verne « le rayon vert » ne correspondent pas à une vision de l’abbaye actuelle de l’île de Iona en Écosse (communauté monastique fondée en 563 par Saint Colomban exilé d’Irlande) ainsi que de sa nécropole ainsi décrite par l’écrivain:

« C’est un curieux emplacement, ce terrain semé de pierres funéraires, où dorment quarante-huit rois écossais, huit vice-rois des Hébrides, quatre vice-rois d’Irlande, et un roi de France, au nom perdu comme celui d’un chef des temps préhistoriques. Entouré de sa longue grille de fer, pavé de dalles juxtaposées, on dirait une sorte de champ de Karnac, dont les pierres seraient des tombes, et non des roches druidiques… »

Après plusieurs destructions l’abbaye fut reconstruite en 1930. L’île de Iona (« île des druides ») fut le lieu des couronnements et des enterrements des premiers rois écossais (jusqu’à la fin du XIème siècle).

 

Saint Andrew Abbey - EosseIl est temps d’aborder le vif du sujet à savoir la différence entre ces différents termes: abbaye, monastère, prieuré, couvent.
Une abbaye est un monastère de moines catholiques ou moniales (religieuses contemplatives qui vivent cloîtrées), sous la direction « spirituelle » d’un abbé ou d’une abbesse.Ecosse - Dryburgh abbey
 
 
 
 
 
 
Ils sont voués au travail, à la copie de manuscrits, et à la prière dans la chasteté et l’humilité. Ce sont les abbayes monastiques (essentiellement  bénédictines et cisterciennes, mais d’autres ordres existent comme les chartreux, les ermites de Saint-Paul, les hiéronymites d’Espagne..). On retrouve une  autre sorte d’abbayes, celles de chanoines réguliers (les augustins , les prémontrés), communauté de religieux suivant la règle principalement de Saint Augustin. Outre les moniales bénédictines et cisterciennes, d’autres sont liées à des ordres mendiants (clarisses, dominicaines, carmélites).  C’est l’Ordre de Cluny qui est à l’origine de l’évolution des dénominations et qui définit l’organisation d’une abbaye.
 
 
 

 

Jedburgh Abbey
 
 
 
Abbaye de Sénanque - FranceLes conditions pour élever un monastère au rang d’abbaye varient suivant la règle de chaque ordre religieux. La communauté des moines et moniales qui vivent dans un monastère est menée par un supérieur qui n’a pas le titre d’abbé. Le monastère est souvent rattaché à une abbaye mère  ou directement au supérieur de l’ordre monastique. On retrouve des monastères dans les chrétientés catholique et orthodoxe (monastères des météores en Grèce) mais aussi dans d’autres religions comme le bouddhisme. Le mot monastère vient du grec « monakhos » (solitaire) car les premiers chrétiens qui vouèrent leur vie à la prière étaient des ermites isolés dans le désert d’Égypte.  Les « oblats » sont les enfants confiés aux monastères en vue de devenir moines.
 

 

 
 
 
Abbaye de Cluny - FranceCette communauté de moines et moniales suivent une règle qui dicte leur vie. La règle de St Benoit est souvent appliquée (il fonda l’abbaye du Mont Cassin en 529), d’où l’appellation abbaye bénédictine (d’autres règles existent de St Colomban, St Augustin…). L’influence des bénédictins fut considérable au Moyen Âge dans le domaine intellectuel grâce notamment à leurs ateliers de copie et d’étude de manuscrits et dans le domaine musical (chants grégoriens). Rapidement ces abbayes bénédictines sont devenues de grands centres économiques et intellectuels. Mais la direction des abbayes échappa en partie aux moines et les monastères s’appauvrirent pour diverses raisons. La réforme clusisienne enleva la nomination des abbés aux grands seigneurs pour échapper à l’emprise des laïcs, mais aussi des évêques et des diocèses et plaça les abbayes sous l’autorité directe de la Papauté. Les abbayes devinrent très riches. L’accent fut mis sur la prière et le travail intellectuel des moines, tandis que le travail manuel était en grande partie délaissé par les moines, mais  réalisé  par les paysans cultivant les domaines des abbayes..
 
Puis Les bénédictins subirent plusieurs crises où l’interprétation de la règle de saint Benoît fut remise en question. Ils donnèrent naissance alors à de très nombreux ordres religieux. Ainsi des moines voulurent un retour à un vie dans la sobriété, la pauvreté, une vie collective sévère et le travail manuel. Ils fondèrent l’ordre de Cîteaux des cisterciens popularisé par Bernard de Clairvaux.
 
Les croisades ont entraîné la création au XIe siècle d’ordres monastiques combattants, avec des moines chevaliers (Templiers, Hospitaliers, Chevaliers teutoniques…) vivant dans des commanderies (dirigées par un commandeur).
 
Paray le Monial - Prieuré - FranceLe prieuré est un monastère subordonné à une abbaye plus importante. Il est érigé en abbaye quand il a atteint une certaine autonomie sur le plan économique et personnel (nombre suffisant de moines, novices, postulants). Il est desservi par des moines de l’abbaye,  et  placé sous l’autorité d’un prieur dépendant d’un abbé.
Inchmahome Priory - Ecosse
 
 
 
 
 
Le couvent est plus ouvert sur le monde extérieur qu’un monastère. Il présente une organisation architecturale et sociale spécifiques, une communauté religieuse qui n’a pas vocation monastique et placée sous l’autorité d’un(e) supérieur(e). Les couvents des ordres mendiants (Franciscains, Dominicains, Augustins, Carmélites, …), ou apostolique (jésuites) et des ordres non monastiques apparus dès le XIIIème siècle, sont situés dans les villes (dans les faubourgs et les quartiers les plus pauvres). Alors  que les moines bénédictins, fidèles à la règle de St Benoit,  se consacrent à leurs propriétés agricoles et leurs monastères sont érigés à l’écart des villes. De multiples congrégations religieuses sont rattachées à ces différents ordres de quoi s’y perdre et  « y perdre son latin »!!!
 
Rosserk Abbey - IrlandeAbbayes et monastères sont des lieux clos entourés par une clôture. Le plan est souvent le même d’un édifice à l’autre organisé autour d’une cour carrée ou rectangulaire. C’est le cloître avec un jardin verdoyant autour d’un puits ou d’une fontaine, situé au cœur du monastère, et entouré d’une galerie à colonnades. C’est un lieu de vie essentiel de promenade, de prière, de silence et de méditation pour les moines. Il dessert les autres parties importantes: abbatiale (lieu de culte, église de l’abbaye), salle du chapitre (où l’abbé réunit les moines, lit et commente les chapitres de la Règle de l’Ordre), dortoir, réfectoire.
 
 
 
 
Jedburgh Abbey - EcosseCes cloîtres ont tous quelque chose d’envoûtant, silencieux, à l’architecture simple ou richement sculptée (qu’elle soit romane ou gothique),  tant de fois foulés par les pas qu’on imagine feutrés, des moines. Ils sont un lieu de passage aussi pour des visiteurs, admirateurs de tels édifices qui sont ouverts au public  ou  lieux abandonnés  et en ruine. Ces sites conservent toujours une certaine âme dont le connaisseur veut s’imprégner et que l’amateur de photo cherche à capturer avec son objectif, guettant le moindre rai de lumière, le meilleur cadrage pour choisir la bonne perspective…
 
 
 
 
 
Tableau de sableA la Révolution beaucoup de monastères ont été confisqués, vendus, voire détruits partiellement ou en totalité…La coule est le vêtement long des moines, avec capuchon et manches longues, porté pour les offices ( au nombre de 7:  vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres et complies).
 
 
 
 
 
Tableau de sablePour conclure: cet article n’est qu’un « survol » de ce sujet, car la recherche de l’historique d’une abbaye, d’un ordre religieux, etc… projette sur tellement d’autres voies qu’il est difficile d’être synthétique. Internet est vraiment un « puits de connaissances » sans fond et plus on avance dans la connaissance plus on a l’impression de s’égarer dans un dédale et de maitriser si peu de savoir!!!
 

 

 

« Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu » Alfred de Musset

Tableau de sable - Le baiser de Rodin

Comme la Saint Valentin approche, il m’a été suggéré de m’inspirer de ce thème pour réaliser de nouveaux tableaux de sable. Je m’étais  déjà intéressée à cette fête dans un article précédent l’an dernier où j’avais eu envie d’explorer le domaine des anniversaires de mariage (« Traits d’union ») et de rechercher l’historique de la Saint Valentin. L’intérêt que je porte sur le sable me permet de poursuivre ma quête de sujets qui se prêtent à la réalisation de tableaux de sable (naturel), art difficile qui demande de la patience où parfois le résultat escompté n’est pas toujours au rendez vous.

D’abord à la recherche de citations sur le mot « amoureux », j’en  ai trouvé beaucoup avec le mot « amour »  et peu avec ce mot « amoureux » qui définit la Saint Valentin. Je retiens celle d’Einstein:

« Ce n’est pas à cause de l’attraction terrestre que les gens tombent… amoureux! »

Et un anonyme a écrit

« Il vaut mieux tomber amoureux que dans un précipice!!! »

Tableau de sable - Ouzbekistan - Tashkent - Sculpture Hôtel Shodlik Plusieurs métaphores concernent cette expression « tomber amoureux », notamment celle qui fait référence à la flèche de Cupidon-Eros le Dieu de l’Amour. Psychiatres, psychanalystes, psychologues, sexologues, scientifiques… ont développé leurs théories à ce sujet, mais en faire le parcours  serait trop long à développer!!! Historiquement certains ont même parlé de « maladie mentale » en retenant tous les « symptômes ». Ne dit-on pas « l’amour fou »? Quand on tombe amoureux, on est en général aveugle, sourd et muet. En neurosciences le fait de tomber amoureux relève de deux hormones de l’amour, la dopamine et l’ocytocine, libérées dans le cerveau, mais l’inconscient joue aussi un rôle important.

L’amour depuis la nuit des temps enflamme bien des esprits et occupe une grande place dans l’Art. Il mobilise bon nombre de grands penseurs, de philosophes, de scientifiques. C’est un des principes de vie.  Quand on « tape » ce mot dans un moteur de recherche sur internet le nombre d’articles est tellement impressionnant que ça donne un certain « vertige ». Serait-ce là une des facettes du « vertige de l’amour »!! Il est la trame de bon nombre de livres, de scénarios de films, de poésies, de chansons, musique et opéras mais aussi de peintures et de sculptures…. Aborder ce thème entraine donc de faire des choix.

Débutons donc par le baiser avec cette chanson de Georges Brassens:

Tableau de sable - G. BrassensLes amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes,

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aime' » pathétiques,
Ont des p’tits gueules bien sympathiques!

Ils se tiennent par la main,
Parlent du lendemain…

Pour en revenir à l’origine de ma recherche d’inspiration pour des tableaux de sable, mes premières pensées se sont orientées d’abord vers les baisers célèbres que nous avons « capturés » avec notre objectif photo lors de « chasses photographiques »: Rodin, Canova, Klimt, Brancusi, Canova…

 

C’est ainsi que nos pas nous ont conduits dans des musées, mais aussi dans  les cimetières de Paris,  et un jour vers le baiser de Brancusi dans le cimetière du Montparnasse. Cette sculpture est gravée en un seul bloc de pierre qui allie éternité de l’amour et de la pierre. Elle orne la tombe de Tatiania Rachewskaïa, jeune Russe qui se serait suicidée à Paris, par amour, en 1910 (Eros et Thanatos réunis).  Mais cette sculpture est maintenant dissimulée dans un coffrage en bois, sous vidéosurveillance pour la protéger de diverses dégradations. Elle est l’objet d’une controverse juridique opposant les héritiers russes de Rachewskaïa et les institutions françaises. En effet, les sculptures de Brancuși ont pris beaucoup de valeur marchande et sont actuellement très prisées sur le marché de l’art. Les héritiers voudraient la récupérer pour la vendre, mais le ministère de la culture a refusé. Elle est classée monument historique depuis 2010 et appartient officiellement à la ville de Paris.

Romeo et Juliette - Frank Dicksee - 1884 - Source Wikipédia Beaucoup de peintres se sont laissés guider par ce sujet au travers des grandes légendes d’Amour, comme Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, Héloise et Abelard… Ce sont notamment les romantiques comme Edmund Blair Leighton qui un jour avait retenu mon attention.

Mais je me suis uniquement  arrêtée en Italie notamment à Stabie  (vers Pompéi) et ses fresques dans la villa Adriana pour faire un tableau de sable (mais difficile à reproduire!!).

 

 

 

 

La magie est partout à Herculanum, Boscoréale, Pompéi, musée de Naples… où on tente d’imaginer le décor pictural dans les maisons d’alors (mais dévoilant aussi les mœurs dans  les lupanars à cette époque…).

 

Tableau de sable - Marilyn MonroeDe très nombreux écrivains et poètes (de Ronsard à Musset et Lamartine…  puis à Aragon et Eluard…) nous transportent aussi dans ce monde envoûtant  où tout le monde aspire à s’y retrouver. Dans l’enfance ce sont les contes avec des fins heureuses (Blanche Neige, Cendrillon, La Belle au bois dormant…) qui ont entretenu l’imaginaire et le charme d’une vie harmonieuse à deux. Autrefois des romans photos ont tenu en haleine bien des lecteurs. Maintenant le domaine cinématographique crée des scénarios à l’infini et projette toutes ces images qui surgissent dans un univers pouvant paraitre réel par le jeu des acteurs. Les écrits et les images transportent ainsi lecteur et spectateur vers un monde qu’ils idéalisent et recherchent. Ne voit-on pas fleurir tant de sites de « rencontres » pour trouver l’âme sœur et ne plus être seul. La danse et la musique peuvent également faire jaillir une étincelle.

 

Tableau de sable - Violoniste

 

Tableau de sable - Pont de Brooklyn en hiver - New-YorkDe nombreux pays offrent des lieux mythiques pour amoureux comme Venise ou le Taj Mahal… Mais ce sont aussi des voyages lointains vers des îles paradisiaques, vers une terre de dépaysement, voire la découverte d’une ville, d’une  capitale (comme Paris: la Tour Eiffel, le pont des Arts…), un vieux village… offrant plein de lieux plaisants de promenade permettant à l’esprit de s’évader du quotidien et construire un futur prometteur à deux. Qui n’a pas rêver d’un voyage dans l’Orient-Express,  d’un week-end amoureux dans un relais château, de jeter une pièce de monnaie dans un puits, une fontaine ou un bassin pour la réalisation d’un souhait ou de s’asseoir sur une pierre en faisant le vœu de trouver « l’élu de son cœur »….

 

Pont des Arts - ParisLe Pont des Arts à Paris était au départ une passerelle (la passerelle des amoureux), premier pont métallique de Paris réservé aux piétons (de 9 arches en fonte, 1801-1804). La conception voulait qu’il apparaisse comme un jardin suspendu avec arbustes, fleurs et bancs. Modifié en 1852, il fut soumis à un droit de péage et ne compta plus que 8 arches. Le pont fragilisé par des collisions de bateaux et les bombardements s’effondra en 1979 et fut démonté. Le pont actuel fut construit entre 1981 et 1984 à l’identique (mais passerelle avec 7 arches). Depuis lors de nombreux « cadenas d’amour » ont été  accrochés par des couples sur les parapets grillagés.Pont des Arts - Cadenas d'amour - Source Wikipédia Cela engendra une polémique du fait de l’aspect inesthétique (« dégradation » du patrimoine) et du poids excessif engendré par le métal (45 tonnes). En 2014 la mairie de Paris y mis fin et remplaça le grillage par des panneaux en verre. De nombreux peintres (Renoir, Signac, Pissaro…) le prirent comme modèle et le cinéma comme décor pour certaines scènes. Il inspira aussi des chanteurs là encore comme G.Brassens:

Jean Béraud - Le Pont des Arts par grand vent - 1880-1881 - Source WikipédiaSi, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon, prudence Prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud, prudent Prends garde à ton chapeau.

 

Un Art de Vie

 

Je ne peux qu’effleurer ce vaste sujet concernant ce sentiment amoureux. Parfois il s’agit d’un feu follet, un feu de paille… mais il peut initier un long parcours d’une vie à deux.

Dans de nombreux  films anglo-saxons ou séries on retrouve ces échanges sempiternels « I love you » – « I love you too » mais récemment au « je t’aime » classique la réponse a été « miaou » que chacun peut interpréter comme il veut mais que j’ai beaucoup appréciée (car inhabituelle et de plus je suis une amoureuse des chats!!).

 

Aquarelle - Carnet de voyageLes symboles de la Saint Valentin sont avant tout les cœurs, sièges de l’émotion et à l’origine de l’amour. La forme actuelle existe depuis l’antiquité. Au XIIIème siècle les premières illustrations de ce signe amoureux  n’ont pas le même graphisme mais ressemblent plus à une pomme de pin ou une poire. Un médecin Galien qui soignait les blessures de gladiateurs avait observé et décrit le cœur humain comme une pomme de pin. Notre représentation actuelle, apparue dans un manuscrit, date du XIVème siècle. En fait cette forme servait dans l’antiquité à représenter des feuilles de lierre pour les couronnes de prêtres, divinités et  jeunes mariés étrusques. Cyrène ville antique avait apposé ce même signe sur sa monnaie, représentation d’une graine d’un plante locale le silphium utilisé dans des décoctions contraceptives.

Eros - Picadilly Circus - Londres

 

Cupidon – Éros, le Dieu de l’amour, muni de son arc et de flèches aux pointes d’argent,  pour transpercer les cœurs, symbolise le « coup de foudre » amoureux. Selon la mythologie il tomba amoureux d’une simple et très belle mortelle Psyché. Il voulut l’épouser mais sa mère Vénus s’y opposa et soumit Psyché à des épreuves. Cupidon plaida sa cause auprès de Jupiter qui ordonna à Mercure d’enlever Psyché pour la conduire à l’Olympe où elle bu le nectar des Dieux (ambroisie), devint alors immortelle et pu enfin être avec Cupidon.

 

 

RoseDes couleurs le rouge et le blanc, des fleurs et des oiseaux sont associés à l’amour. La rose, fleur d’Aphrodite – Vénus, la déesse de l’amour et de la beauté, est traditionnellement offerte à la Saint Valentin, avec selon sa couleur une expression différente. Le rouge désigne la passion, le blanc la pureté  des sentiments (blanc comme le magnifique duvet des cygnes et la couleur des colombes). Le cœur rouge évoque un sentiment sincère et profond. Le cygne, oiseau préféré de Vénus, entretient une relation monogame et représente le symbole de la loyauté et de la fidélité. La colombe figure la douceur, pureté et simplicité. Dans la culture amérindienne il est une coutume d’offrir une plume de colombe pour déclarer son amour.

Un autre symbole,  « X » , selon une ancienne tradition est sensé représenter le baiser. Les personnes ne sachant ni lire ni écrire apposaient cette marque comme signature et signifiait « je t’embrasse » à la fin d’une lettre. Cette coutume remonte au début du catholicisme où ce X représentait la croix du Christ symbole de foi et où embrasser la croix avait valeur de serment.

Il est de tradition d’offrir aussi du chocolat qui selon les spécialistes contiendrait de la phényléthylamine de la famille des endorphines. Appelée « molécule de l’amour » elle ferait ressentir la même sensation que l’état amoureux. Le chocolat est le symbole de volupté et de plaisir partagé. Les Aztèques pensaient qu’il améliorait la passion et l’extase.

Cyrano de Bergerac - Source PinterestJe vais terminer  avec Cyrano de Bergerac de Edmond Rostand:

« Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ? Un serment fait d’un peu plus près, une promesse plus précise, un aveu qui veut se confirmer, un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer ; c’est un secret qui prend la bouche pour oreille, un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille, une communion ayant un goût de fleur, une façon d’un peu se respirer le cœur, et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme ! »