« Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu » Alfred de Musset

Tableau de sable - Le baiser de Rodin

Comme la Saint Valentin approche, il m’a été suggéré de m’inspirer de ce thème pour réaliser de nouveaux tableaux de sable. Je m’étais  déjà intéressée à cette fête dans un article précédent l’an dernier où j’avais eu envie d’explorer le domaine des anniversaires de mariage (« Traits d’union ») et de rechercher l’historique de la Saint Valentin. L’intérêt que je porte sur le sable me permet de poursuivre ma quête de sujets qui se prêtent à la réalisation de tableaux de sable (naturel), art difficile qui demande de la patience où parfois le résultat escompté n’est pas toujours au rendez vous.

D’abord à la recherche de citations sur le mot « amoureux », j’en  ai trouvé beaucoup avec le mot « amour »  et peu avec ce mot « amoureux » qui définit la Saint Valentin. Je retiens celle d’Einstein:

« Ce n’est pas à cause de l’attraction terrestre que les gens tombent… amoureux! »

Et un anonyme a écrit

« Il vaut mieux tomber amoureux que dans un précipice!!! »

Tableau de sable - Ouzbekistan - Tashkent - Sculpture Hôtel Shodlik Plusieurs métaphores concernent cette expression « tomber amoureux », notamment celle qui fait référence à la flèche de Cupidon-Eros le Dieu de l’Amour. Psychiatres, psychanalystes, psychologues, sexologues, scientifiques… ont développé leurs théories à ce sujet, mais en faire le parcours  serait trop long à développer!!! Historiquement certains ont même parlé de « maladie mentale » en retenant tous les « symptômes ». Ne dit-on pas « l’amour fou »? Quand on tombe amoureux, on est en général aveugle, sourd et muet. En neurosciences le fait de tomber amoureux relève de deux hormones de l’amour, la dopamine et l’ocytocine, libérées dans le cerveau, mais l’inconscient joue aussi un rôle important.

L’amour depuis la nuit des temps enflamme bien des esprits et occupe une grande place dans l’Art. Il mobilise bon nombre de grands penseurs, de philosophes, de scientifiques. C’est un des principes de vie.  Quand on « tape » ce mot dans un moteur de recherche sur internet le nombre d’articles est tellement impressionnant que ça donne un certain « vertige ». Serait-ce là une des facettes du « vertige de l’amour »!! Il est la trame de bon nombre de livres, de scénarios de films, de poésies, de chansons, musique et opéras mais aussi de peintures et de sculptures…. Aborder ce thème entraine donc de faire des choix.

Débutons donc par le baiser avec cette chanson de Georges Brassens:

Tableau de sable - G. BrassensLes amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes,

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aime' » pathétiques,
Ont des p’tits gueules bien sympathiques!

Ils se tiennent par la main,
Parlent du lendemain…

Pour en revenir à l’origine de ma recherche d’inspiration pour des tableaux de sable, mes premières pensées se sont orientées d’abord vers les baisers célèbres que nous avons « capturés » avec notre objectif photo lors de « chasses photographiques »: Rodin, Canova, Klimt, Brancusi, Canova…

 

C’est ainsi que nos pas nous ont conduits dans des musées, mais aussi dans  les cimetières de Paris,  et un jour vers le baiser de Brancusi dans le cimetière du Montparnasse. Cette sculpture est gravée en un seul bloc de pierre qui allie éternité de l’amour et de la pierre. Elle orne la tombe de Tatiania Rachewskaïa, jeune Russe qui se serait suicidée à Paris, par amour, en 1910 (Eros et Thanatos réunis).  Mais cette sculpture est maintenant dissimulée dans un coffrage en bois, sous vidéosurveillance pour la protéger de diverses dégradations. Elle est l’objet d’une controverse juridique opposant les héritiers russes de Rachewskaïa et les institutions françaises. En effet, les sculptures de Brancuși ont pris beaucoup de valeur marchande et sont actuellement très prisées sur le marché de l’art. Les héritiers voudraient la récupérer pour la vendre, mais le ministère de la culture a refusé. Elle est classée monument historique depuis 2010 et appartient officiellement à la ville de Paris.

Romeo et Juliette - Frank Dicksee - 1884 - Source Wikipédia Beaucoup de peintres se sont laissés guider par ce sujet au travers des grandes légendes d’Amour, comme Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, Héloise et Abelard… Ce sont notamment les romantiques comme Edmund Blair Leighton qui un jour avait retenu mon attention.

Mais je me suis uniquement  arrêtée en Italie notamment à Stabie  (vers Pompéi) et ses fresques dans la villa Adriana pour faire un tableau de sable (mais difficile à reproduire!!).

 

 

 

 

La magie est partout à Herculanum, Boscoréale, Pompéi, musée de Naples… où on tente d’imaginer le décor pictural dans les maisons d’alors (mais dévoilant aussi les mœurs dans  les lupanars à cette époque…).

 

Tableau de sable - Marilyn MonroeDe très nombreux écrivains et poètes (de Ronsard à Musset et Lamartine…  puis à Aragon et Eluard…) nous transportent aussi dans ce monde envoûtant  où tout le monde aspire à s’y retrouver. Dans l’enfance ce sont les contes avec des fins heureuses (Blanche Neige, Cendrillon, La Belle au bois dormant…) qui ont entretenu l’imaginaire et le charme d’une vie harmonieuse à deux. Autrefois des romans photos ont tenu en haleine bien des lecteurs. Maintenant le domaine cinématographique crée des scénarios à l’infini et projette toutes ces images qui surgissent dans un univers pouvant paraitre réel par le jeu des acteurs. Les écrits et les images transportent ainsi lecteur et spectateur vers un monde qu’ils idéalisent et recherchent. Ne voit-on pas fleurir tant de sites de « rencontres » pour trouver l’âme sœur et ne plus être seul. La danse et la musique peuvent également faire jaillir une étincelle.

 

Tableau de sable - Violoniste

 

Tableau de sable - Pont de Brooklyn en hiver - New-YorkDe nombreux pays offrent des lieux mythiques pour amoureux comme Venise ou le Taj Mahal… Mais ce sont aussi des voyages lointains vers des îles paradisiaques, vers une terre de dépaysement, voire la découverte d’une ville, d’une  capitale (comme Paris: la Tour Eiffel, le pont des Arts…), un vieux village… offrant plein de lieux plaisants de promenade permettant à l’esprit de s’évader du quotidien et construire un futur prometteur à deux. Qui n’a pas rêver d’un voyage dans l’Orient-Express,  d’un week-end amoureux dans un relais château, de jeter une pièce de monnaie dans un puits, une fontaine ou un bassin pour la réalisation d’un souhait ou de s’asseoir sur une pierre en faisant le vœu de trouver « l’élu de son cœur »….

 

Pont des Arts - ParisLe Pont des Arts à Paris était au départ une passerelle (la passerelle des amoureux), premier pont métallique de Paris réservé aux piétons (de 9 arches en fonte, 1801-1804). La conception voulait qu’il apparaisse comme un jardin suspendu avec arbustes, fleurs et bancs. Modifié en 1852, il fut soumis à un droit de péage et ne compta plus que 8 arches. Le pont fragilisé par des collisions de bateaux et les bombardements s’effondra en 1979 et fut démonté. Le pont actuel fut construit entre 1981 et 1984 à l’identique (mais passerelle avec 7 arches). Depuis lors de nombreux « cadenas d’amour » ont été  accrochés par des couples sur les parapets grillagés.Pont des Arts - Cadenas d'amour - Source Wikipédia Cela engendra une polémique du fait de l’aspect inesthétique (« dégradation » du patrimoine) et du poids excessif engendré par le métal (45 tonnes). En 2014 la mairie de Paris y mis fin et remplaça le grillage par des panneaux en verre. De nombreux peintres (Renoir, Signac, Pissaro…) le prirent comme modèle et le cinéma comme décor pour certaines scènes. Il inspira aussi des chanteurs là encore comme G.Brassens:

Jean Béraud - Le Pont des Arts par grand vent - 1880-1881 - Source WikipédiaSi, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon, prudence Prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud, prudent Prends garde à ton chapeau.

 

Un Art de Vie

 

Je ne peux qu’effleurer ce vaste sujet concernant ce sentiment amoureux. Parfois il s’agit d’un feu follet, un feu de paille… mais il peut initier un long parcours d’une vie à deux.

Dans de nombreux  films anglo-saxons ou séries on retrouve ces échanges sempiternels « I love you » – « I love you too » mais récemment au « je t’aime » classique la réponse a été « miaou » que chacun peut interpréter comme il veut mais que j’ai beaucoup appréciée (car inhabituelle et de plus je suis une amoureuse des chats!!).

 

Aquarelle - Carnet de voyageLes symboles de la Saint Valentin sont avant tout les cœurs, sièges de l’émotion et à l’origine de l’amour. La forme actuelle existe depuis l’antiquité. Au XIIIème siècle les premières illustrations de ce signe amoureux  n’ont pas le même graphisme mais ressemblent plus à une pomme de pin ou une poire. Un médecin Galien qui soignait les blessures de gladiateurs avait observé et décrit le cœur humain comme une pomme de pin. Notre représentation actuelle, apparue dans un manuscrit, date du XIVème siècle. En fait cette forme servait dans l’antiquité à représenter des feuilles de lierre pour les couronnes de prêtres, divinités et  jeunes mariés étrusques. Cyrène ville antique avait apposé ce même signe sur sa monnaie, représentation d’une graine d’un plante locale le silphium utilisé dans des décoctions contraceptives.

Eros - Picadilly Circus - Londres

 

Cupidon – Éros, le Dieu de l’amour, muni de son arc et de flèches aux pointes d’argent,  pour transpercer les cœurs, symbolise le « coup de foudre » amoureux. Selon la mythologie il tomba amoureux d’une simple et très belle mortelle Psyché. Il voulut l’épouser mais sa mère Vénus s’y opposa et soumit Psyché à des épreuves. Cupidon plaida sa cause auprès de Jupiter qui ordonna à Mercure d’enlever Psyché pour la conduire à l’Olympe où elle bu le nectar des Dieux (ambroisie), devint alors immortelle et pu enfin être avec Cupidon.

 

 

RoseDes couleurs le rouge et le blanc, des fleurs et des oiseaux sont associés à l’amour. La rose, fleur d’Aphrodite – Vénus, la déesse de l’amour et de la beauté, est traditionnellement offerte à la Saint Valentin, avec selon sa couleur une expression différente. Le rouge désigne la passion, le blanc la pureté  des sentiments (blanc comme le magnifique duvet des cygnes et la couleur des colombes). Le cœur rouge évoque un sentiment sincère et profond. Le cygne, oiseau préféré de Vénus, entretient une relation monogame et représente le symbole de la loyauté et de la fidélité. La colombe figure la douceur, pureté et simplicité. Dans la culture amérindienne il est une coutume d’offrir une plume de colombe pour déclarer son amour.

Un autre symbole,  « X » , selon une ancienne tradition est sensé représenter le baiser. Les personnes ne sachant ni lire ni écrire apposaient cette marque comme signature et signifiait « je t’embrasse » à la fin d’une lettre. Cette coutume remonte au début du catholicisme où ce X représentait la croix du Christ symbole de foi et où embrasser la croix avait valeur de serment.

Il est de tradition d’offrir aussi du chocolat qui selon les spécialistes contiendrait de la phényléthylamine de la famille des endorphines. Appelée « molécule de l’amour » elle ferait ressentir la même sensation que l’état amoureux. Le chocolat est le symbole de volupté et de plaisir partagé. Les Aztèques pensaient qu’il améliorait la passion et l’extase.

Cyrano de Bergerac - Source PinterestJe vais terminer  avec Cyrano de Bergerac de Edmond Rostand:

« Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ? Un serment fait d’un peu plus près, une promesse plus précise, un aveu qui veut se confirmer, un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer ; c’est un secret qui prend la bouche pour oreille, un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille, une communion ayant un goût de fleur, une façon d’un peu se respirer le cœur, et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme ! »

 

 

“Les rêves sont la littérature du sommeil.” Jean Cocteau

Un Art de Vie

 

Le mot « rêver » à lui seul embrasse tout un univers fascinant, plein de mystères. C’est un verbe à la fois intransitif et transitif. Intransitif  c’est faire un rêve pendant le sommeil ou laisser sa pensée errer vers une rêverie. On peut alors « rêver éveillé » en contemplant un paysage, un tableau… et voguer vers un monde sensations, laisser son esprit s’évader vers  l’imaginaire. Mais c’est aussi un synonyme de divaguer, dire des choses déraisonnables, extravagantes,  ne dit-on pas: « mais tu rêves mon ami! ». Jusqu’au XVII ème siècle rêver avait une connotation négative au sens de délirer, radoter, déraisonner, puis il perd son sens 1er pour s’intéresser au sommeil au XIX ème siècle et devient aussi synonyme de songer.

Tableau de sable

Transitif  quand on rêve -à ou de- quelqu’un ou de quelque chose. On peut rêver sa vie ou d’une autre vie, mais aussi d’une situation voire se laisser emporter par l’utopie « qui n’a pas rêver de gagner au loto? »  et d’autres de réussir, de pouvoir, de gloire « Je m’voyais déjà en haut de l’affiche » chantait Charles Aznavour. On peut rêver aussi de châteaux en Espagne, d’îles lointaines, mais aussi de liberté, de paix, et bien d’autres espérances… C’est aussi rêver de partir, de voyager… Ce mot rêver ouvre la porte vers beaucoup d’aspirations avec l’espoir de voir les rêves se réaliser un jour…

 

Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité. Antoine de Saint Exupéry

 

Martin Luther King - Source Revue Des Deux Mondes« I have a dream » déclara  en 1963 Martin Luther King devant le Lincoln Memorial à Washington DC pour appeler à la fin du racisme aux USA, rêve de liberté et d’égalité dans un monde marqué par la haine et l’esclavage.

« Je fais le rêve que les hommes, un jour, se lèveront et comprendront qu’ils sont faits pour vivre ensemble comme des frères »

Beaucoup d’autres ont eu ce même message et des rêves de paix (comme Nelson Mandela, Ghandi …) et ainsi que l’a chanté John Lennon:

Imagine - John Lennon - Source Pinterest
Imagine all the people,
Imagine tous les peuples,
Living life in peace…
Vivant leurs vies en paix…

You may say I’m a dreamer,
Tu peux dire que je suis un rêveur,
But I’m not the only one,
Mais je ne suis pas le seul,

 

 

Pourquoi m’intéresser au rêve qui est un monde virtuel, dont le rôle exact reste encore aujourd’hui mal identifié et dont la neuroscience tente d’en déchiffrer les mécanismes. Il suscite de nombreuses questions de par son contenu, et aussi de son impact émotionnel. Le but de cet article n’est pas de chercher à connaître l’interprétation des rêves qui suscite la controverse, où il est impossible de donner une explication commune à des rêves individuels (vaste domaine, oniromancie ou divination ). Les rêves sont symboliques, c’est dans les détails du rêve qu’il faudra comprendre sa signification et non dans le sujet.

« Savoir, penser, rêver. Tout est là »   Victor Hugo

Mais ce qui m’a interpellée est une réflexion d’un de mes proches qui dit n’avoir jamais eu connaissance de rêves ou cauchemars de sa vie, comme si une « connexion » visuelle était débranchée, avec un sommeil normal cependant. Une absence de rêves peut se voir après un accident vasculaire cérébral, par une atteinte focale du cerveau, c’est le syndrome neurologique rare de Charcot et Willebrand. Certaines affections psychologiques et émotionnelles et le fait d’enchaîner de très courtes phases de sommeil paradoxal peuvent supprimer les rêves. Bien souvent, c’est le désintérêt pour ce monde qui provoque l’absence ou un problème « d’encodage de souvenirs » à la sortie du sommeil paradoxal. La consommation de cannabis, somnifères, tranquillisants, alcool … peuvent avoir un effet « anti-rêves » . Une hypothèse suggère que le cerveau aurait besoin de se réveiller, même durant un laps de temps court, pour pouvoir crypter les informations du rêve. Des scientifiques ont constaté que les « grands rêveurs » ont une activité cérébrale plus forte et un taux d’éveil plus élevé que les « petits rêveurs ». C’est ce qui leur permettrait de mieux se souvenir de leurs songes. Les gros ronfleurs avec apnées du sommeil ont un sommeil déstabilisé avec des cycles de sommeil déréglés et une capacité à rêver qui serait perturbée,  d’où un lien évoqué ronflements et absence de rêves??

 

Un Art de Vie

De très nombreuses études s’intéressent aux rêves. On ferait plus de 100 000 rêves au cours de notre vie et on oublierait  près de 90% de ces rêves!!! Nous rêvons en couleurs cependant selon les estimations 12% de la population rêve en noir et blanc. Certains ont trouvé une corrélation entre les débuts de la télévision en noir et blanc où alors davantage de rêves monochromes auraient été recensés et ils considèrent l’impact important de la télévision et des films sur nos rêves.  Une expression canadienne « rêver en couleur »  signifie être trop optimiste, voir trop grand et ne pas voir la réalité en face. L’anxiété est l’émotion la plus vécue dans les rêves  et les émotions négatives sont plus courantes que celles positives. Certaines perceptions sensorielles extérieures assimilées par le cerveau, comme des stimuli sonores peuvent être incorporés dans des rêves, de même des sensations tactiles, des odeurs, le goût, mais ce sont aussi des émotions (peur, stress, joie, satisfaction etc…).

« Le Rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible »  Gérard de Nerval

Des scientifiques seraient parvenus à découvrir que que des fœtus in utéro rêvent également. Selon les études, les hommes rêvent de personnages masculins à 70% , tandis que pour les femmes ce serait à parité égale et les rêves des hommes auraient tendance à être plus violents, plus agressifs, plus négatifs que ceux des femmes. Selon une étude danoise les déficients visuels éprouvent des sensations physiques, impliquant l’ouïe, le goût et le toucher, voire une impression visuelle s’ils ne sont pas nés aveugles. Selon des scientifiques, le sommeil et les rêves permettraient de mieux apprendre car aidant le cerveau à  trier les informations reçues et à les mémoriser à différents niveaux, améliorant ainsi les performances.

 Tableau restauré - Source Emmaus - Auteur inconnu

Le sommeil est une succession de 3 à 5 cycles durant environ 90 minutes: phase d’endormissement, sommeil lent léger, sommeil profond, sommeil paradoxal. Au départ durant le sommeil lent l’activité du cerveau ralentit progressivement  où le moindre bruit peut nous réveiller. Puis vient le sommeil profond où le cerveau est de plus en plus insensible aux stimulations extérieures. Le sommeil paradoxal termine ce cycle où le cerveau est très actif avec une activité électrique cérébrale très rapide et désordonnée, où l’activité onirique est la plus intense et la plus débridée. Mais le rêve peut intervenir à tous les stades du sommeil dans des proportions différentes. La durée de ces cycles évolue au cours de la nuit, le sommeil profond est plus important au début de la nuit et c’est le sommeil paradoxal en fin de nuit qui prédomine. Les somnambules qui « se promènent en dormant » sont dans un sommeil profond avec le corps en mouvement et les yeux ouverts. L’origine de ce comportement sans risque se trouve dans les gènes et le stress.

Le rêve intéresse différentes sphères scientifiques comme la neurobiologie, mais aussi la philosophie, la psychologie et  la psychanalyse (Freud, Jung…), les religions, le monde artistique  (littérature, poésie, peinture, graphisme, musique, cinéma …).

Aquarelle pour une crècheRêves de Robert Desnos dans l’état de veille

Poser sa tête sur un oreiller
Et sur cet oreiller dormir
Et dormant rêver
À des choses curieuses ou d’avenir,

Rêvant croire à ce qu’on rêve
Et rêvant garder la notion
De la vie qui passe sans trêve
Du soir à l’aube sans rémission.

Ceci est presque normal,
Ceci est presque délicieux
Mais je plains ceux
Qui dorment vite et mal,

Et, mal éveillés, rêvent en marchant.

Ainsi j’ai marché autrefois,
J’ai marché, agi en rêvant,
Prenant les rues pour les allées d’un bois

Une place pour les rêves
Mais les rêves à leur place.

Nombreuses sont les transcriptions des rêves, riches en images et émotions (créées par le cerveau) qu’ils soient plaisants, bizarres,  ou effrayants. Ce sont les rêves lucides (conscience d’être en train de rêver avec capacité d’agir sur le scénario du rêve), créatifs, prémonitoires, sexuels, ou les cauchemars… « Le rêve créatif » peut être une source d’inspiration pour des personnes qui trouvent un écho dans un rêve pour composer un nouveau projet (artistes peintres, écrivains, scientifiques, musiciens, poètes…).

« Le rêve est la forme sous laquelle toute créature vivante  possède le droit au génie, à ses imaginations bizarres, à ses magnifiques extravagances »  Jean Cocteau

Le rêve pose la question de sa signification, sa fonction. L’onirologie est l’étude des rêves et l’hypnologie l’étude du sommeil. Certains médicaments favoriseraient les cauchemars (bêtabloquants, traitement de la maladie de Parkinson…) mais l’arrêt de certains autres médicaments peut les favoriser (antidépresseurs), de même le sevrage alcoolique mais de façon transitoire.

Un Art de Vie

Il n’existe pas de réel consensus sur la définition du rêve qui varie selon le point de vue  psychanalyse ou  le versant neurosciences. Pour Freud le rêve est « l’accomplissement d’un désir et mène à  la connaissance de l’inconscient » . Pour Jung il permet de « rétablir l’équilibre du psychisme » . Le neurologue Claparède (1905) fonde sa théorie de la fonction biologique du rêve qui serait « un exercice de création permettant la réactivation de processus mentaux et le test de comportements acquis ou innés » .  Le rêve rappelle une pensée ou émotion d’un état de veille lors du sommeil. Il est  différent d’une rêverie ou une hallucination qui sont vécus à l’état de veille. Certains le définissent comme une « activité mentale pendant le sommeil » . La découverte en 1928 en neuroscience de l’électroencéphalographie a permis l’étude de l’activité électrique cérébrale et a établi une  correspondance évidente du  rêve avec le cerveau.

« J’aime rêver. La science ne rêve pas. Mais ce qu’elle découvre est la plus formidable de toutes les matières à rêver »   Jean D’ormesson

 

Magritte - la clé des songes - Source PinterestLe monde des rêves a toujours attiré les hommes et est considéré comme important dans beaucoup de cultures et religions anciennes. Certaines cultures ancestrales (Aborigènes d’Australie) lui confère même un caractère sacré. Il a été analysé comme un moyen de s’affranchir du temps, de l’espace et de parvenir au surnaturel. Il relève de beaucoup de mythes et croyances. Les rêves prophétiques, prémonitoires, intriguent et font débat. Prédire l’avenir serait un rêve humain pour calmer les angoisses.! « La clé des songes » est un ouvrage qui a fasciné tout le Moyen Âge en tentant de décrypter le sens des rêves. Souvent associé à des mythes, depuis la plus Haute Antiquité les hommes ont cherché à percer l’énigme des rêves. Un recueil à Éphèse (Onirocriticon d’Artémidore au IIème siècle) porte sur l’interprétation de plus de trois mille rêves selon des traditions recueillies auprès de mages et de devins. Magritte avec l’un de ses tableaux la clé des songes montre que le langage des rêves est symbolique et dont les images  sont  à interpréter.

Dans l’Égypte antique les rêves sont considérés comme des messages envoyés par les Dieux. Au XII ème siècle l’Inquisition a assimilé l’étude des rêves à la sorcellerie et l’a interrompue. Dans la pratique chamanique le rêve représente un voyage de l’âme.

Füssli - Cauchemar - Source WikipédiaDes expressions  populaires se rapportent aux rêves et au sommeil: souhaiter à quelqu’un de « faire de beaux rêves », « rêver dans les bras de Morphée » (se rapporte à la mythologie) ou dormir d’un « sommeil de plomb » et « la nuit porte-t elle vraiment conseil »? De très nombreux articles sont consacrés aux rêves et au sommeil. Beaucoup d’artistes se sont inspirés du contenu irréel des rêves et cauchemars, comme par exemple le peintre Johann Heinrich Füssli qui a consacré plusieurs tableaux au cauchemar. Le rêve en a inspiré plein d’autres (par exemple Jean Lecomte du Nouy, Puvis de Chavanne, Picasso etc…).

 

 

 

Cet univers des rêves est tellement vaste et empreint de mystères,  qu’il est difficile de le définir précisément et qu’il appartient à chacun d’y trouver ce qui l’intéresse. Il soulève beaucoup d’interrogations. Pourquoi rêvons nous? D’où viennent les rêves? A quoi servent-ils? Source d’inspiration et d’imaginaire je termine par ces quelques vers d’ Albert Mérat :

J’ai rêvé cette nuit mon rêve le plus beau : 
Ton âme m’éclairait le cœur comme un flambeau, 
Et je voyais ton cœur au soleil de mon âme.

 

Une Bibliothèque « carrefour de tous les rêves de l’humanité » Julien Green

Le nom de la Rose -Umberto Eco - Film de Jean Jacques Annaud - Source Pinterest

L’envie de cheminer sur la voie des bibliothèques est née d’un commentaire de l’article concernant l’histoire fantastique « Murée vive ». Un Monsieur (retraité comme moi), avait été fasciné et passionné par cette histoire dans son enfance, m’apprenant alors qu’il s’agissait d’un fait réel, ce qui rend cette histoire  d’autant plus troublante et prenante. Il m’a alors envoyé  des images de son vieux livre

 

Il m’apprit que le château dont il était question était vraiment Montségur. Il y a fort longtemps, j’ai visité ce château cathare, loin d’imaginer alors ce lien avec l’histoire en question qui m’avait hantée  pendant tant années. C’est grâce à la vulgarisation d’internet et le site des collections numérisées de la BNF (Gallica) que j’ai enfin retrouvé cette histoire après avoir parcouru en vain bien des étagères de librairies et bibliothèques.

 

Tolstoi avec ses petits-enfants - Source PinterestC’est aussi grâce à internet que j’ai retrouvé la nouvelle de Léon Tolstoï dont s’est inspiré John Muth pour faire un très beau livre d’enfant (l’un de mes préférés tant par le graphisme que l’histoire) inspiré de cette nouvelle: « Les trois questions ».

 

 

 

 

Internet est vraiment un « puits de connaissances »  et lieu de partage qui permet d’accéder rapidement à tellement  de savoir, d’histoires, de documents, de sciences, de photos, de culture, etc… que cela en donne le vertige. Un nouveau chapitre dans l’histoire du livre a été écrit avec le livre numérique et internet. Une adaptation des bibliothèques a été nécessaire pour s’accorder à ce nouveau mode de diffusion des connaissances et prendre un nouveau départ pour éviter leur déclin.

Livre de Winston Graham - MarnieTous les livres, notamment ceux avec une riche iconographie, ne sont pas comme des romans facilement numérisables. De même des livres très anciens à tirage limité, difficiles à scanner et à se procurer, font la joie de collectionneurs, mais aussi de chercheurs, d’étudiants… et enrichissent les étagères de certaines bibliothèques. Des collectionneurs sont en quête des 1ères éditions (comme par exemple les livres de Jules Verne, voire des BD). D’autres, simplement lecteurs, désirant posséder un livre, recherchent un livre dont s’est inspiré un scénariste pour un film (c’est ainsi que autrefois j’ai trouvé chez  Emmaüs un livre de Winston Graham « Marnie » dont s’est inspiré Alfred Hitchcock pour « Pas de printemps pour Marnie »). Il ne faut pas nier non plus l’engouement pour une littérature contemporaine comme les « Harry Potter »… C’est ainsi que chacun en arrive à créer sa propre bibliothèque en fonction de ses aspirations.

« Sur les rayons des bibliothèques, je vis un monde surgir de l’horizon. »  Jack London

 

Reconstitution Bibliothèque d' Alexandrie - Carl Sagan - Au bord de l'océan cosmique - Source PinterestUne série de 13 documentaires « Cosmos », diffusée en 1980, m’avait interpellée, conçue par Carl Sagan. Cet astronome a découvert à 7 ans l’astronomie dans un ouvrage emprunté à la bibliothèque de New-York.  A plusieurs reprises il a évoqué des bibliothèques et les livres, supports de l’information, « invention de la mémoire collective ». Au départ  dans le 1er documentaire, il a fait revivre un grand mythe de la grande bibliothèque d’Alexandrie, créée au III ème siècle av J-C par Ptolémée 1er, ouverte aux érudits et aux grands intellectuels. Cette bibliothèque, à jamais disparue (incendiée), possédait 1 million de rouleaux de papyrus. Il a cité par la suite la bibliothèque de Ninive (ancienne ville assyrienne, l’une des plus anciennes villes de Mésopotamie) qui abritait des milliers de tablettes cunéiformes.

 

Carl Sagan - Bibliothèque New york - "La persistance de la mémoire"Dans le 11ème documentaire (« la persistance de la mémoire ») il s’est arrêté longuement dans la grande bibliothèque de New York avec ses 10 millions de livres et tellement de connaissances. En fait c’est cet épisode qui avait marqué mon esprit car j’avais gardé en mémoire ce constat qu’il avait fait devant les rayonnages de livres: « si je lis un livre par semaine pendant toute ma vie d’adulte, avec une espérance de vie normale , j’aurais lu quelques milliers de livres, pas plus, 1/1000ème de cette bibliothèque » et il a joint le geste à la parole montrant l’étendue alors du rayonnage concerné. Mais quel livre faut-il lire?

Il a abordé alors l’historique de l’écriture (qui pour lui « est sans doute l’une des plus grandes inventions ») et du livre où l’auteur s’adresse directement au lecteur (« il suffit d’en ouvrir un et on est dans le cerveau d’une personne peut-être morte depuis des milliers d’années, par delà les millénaires… Les livres font connaitre les pensées des grands esprits, notre histoire… Ils brisent les chaînes du temps…et nous font voyager dans le temps »). L’écriture et les livres rapprochent ainsi des gens qui ne se connaissent pas, voire d’époques éloignées. Carl Sagan évoque tout ce parcours de l’écriture, puis l’imprimerie permettant de passer de quelques milliers de livres écrits à la main, à des millions édités à l’heure actuelle.

Des millions de données et d’informations sont ainsi stockées dans des livres et des ordinateurs reliés à travers le monde. Avant le savoir se transmettait oralement, maintenant les livres sont les dépositaires de  nos connaissances, mais aussi de l’imagination, des idées et des pensées etc… Les bibliothèques sont donc des lieux de partage de savoir et de mémoire. Selon Carl Sagan en Égypte les bibliothèques portaient cette inscription « de la nourriture pour l’esprit » et sur le monument funéraire de  Ramsès II « remède pour l’âme ». Les bibliothèques ont du s’adapter à ces nouveaux modes de communications informatiques planétaires.

« En Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » Amadou Hampâté Bâ

Homme vitruvien - Lénoard de Vinci - TapisL’histoire des bibliothèques est très ancienne et de très nombreux ouvrages lui sont consacrée. Le mot vient du grec ancien signifiant lieu de « dépôt du livre », où est donc organisée, conservée et lue une collection de livres et de documents. La plus ancienne bibliothèque dont on a connaissance chez les Grecs daterait du VIème siècle avant notre ère (au temps de Polycrate sur l’île de Samos) et Pisitrate fut le premier à fonder une bibliothèque publique à Athènes. Les officiers romains, en colonisant la Grèce, pillèrent les bibliothèques royales. La plus remarquable fut celle de Lucullus qui en fit un lieu de discussion et villégiature. Il aménagea la bibliothèque à Rome avec des galeries et des salles accessibles à tous. La 1ère bibliothèque publique à Rome ouvrit en 39 av J-C. (à Florence en 1437 après J-C…). La bibliothèque devint un lieu de rencontres privilégiées avec diffusion du savoir, de réflexion, d’échanges, puis ouvert à la culture grecque et latine. Peu à peu les bibliothèques privées et publiques se multiplièrent. Rome en comptait 3 au début du 1er millénaire puis 28 en 377. Elles étaient souvent intégrées au thermes. Ces thermes-bibliothèques devinrent des centres culturels complets avec des jardins, salles de lecture et salles de travail. Vitruve, grand architecte, préconisait alors l’orientation vers l’Est d’un tel édifice pour capter la lumière et réduire l’humidité susceptible d’endommager les livres (Vitruve a influencé dès la Renaissance des penseurs, architectes et artistes  comme Léonard de Vinci et son célèbre « Homme vitruvien » – proportions du corps humain). De même en Chine au III et IV ème siècle av J-C il existe un  mouvement important de diffusion de textes et la fondation d’une bibliothèque impériale.

Au Moyen Âge, ce sont surtout les monastères et l’église qui conservaient les textes, chrétiens ou païens (textes de l’antiquité), et enrichissaient les bibliothèques. Ces bibliothèques ecclésiastiques étaient non seulement des centres de conservation  (d’œuvres antiques qui auraient peut être à jamais disparu), mais aussi d’étude (par exemple de textes sacrés) et de copies de livres devenus rares (scriptorium: atelier des moines copistes). De même le monde musulman avec la culture de l’Art islamique (au VI ème siècle) va disposer ensuite de grandes bibliothèques (Fès, Cordoue…).

 

Dès le XII-XIII ème siècle les universités, les collèges ont crée peu à peu en Europe, leurs propres bibliothèques et prirent le relais des monastères et en complétèrent le travail. Les rois aussi ont constitué leurs propres bibliothèques (Saint Louis, Charles V, Charles VIII…), puis  de grands penseurs et collectionneurs (Mazarin, Colbert, Richelieu…). De même en Italie Au XVII ème siècle sont apparus des cabinets de lecture.

Dès le XVI ème siècle l’invention de l’imprimerie a été une petite révolution et allait enrichir les collections des bibliothèques qui s’ouvraient de plus en plus largement au public partout en Europe (France, Italie, Angleterre, Europe centrale… puis dans les colonies et aux États Unis). Sous l’impulsion de François 1er  le commerce des livres se développa ainsi que l’organisation de salles de lecture dans les bibliothèques. Avant le pouvoir royal encadrait fortement la librairie pour avoir un regard sur tout ce qui était édité. Ensuite vont apparaitre les revues littéraires (la Gazette, le Mercure de France..). Puis ce sera largement le développement du monde de l’édition.

Le bibliothécaire - D'après Giuseppe ArcimboldoLe transfert de collections privées au public s’accéléra en France notamment à la Révolution où les livres des universités, des académies, des sociétés savantes, des émigrés, des aristocrates, du clergé… furent confisqués et confiés aux communes, placés dans des dépôts littéraires. Puis les bibliothèques municipales  s’ouvrirent largement au public, s’organisèrent et le métier de Bibliothécaire  apparut. Les inventions technologiques  permirent l’essor de la presse périodique, la diffusion de livres à coût modéré, la multiplication des maisons d’édition … Nombreuses furent les bibliothèques municipales, départementales, régionales, nationales, scolaires,  universitaires, d’entreprises, d’enseignement et de recherches, spécialisées (musicales, juridiques, médicales…) etc… Ce fut une grande révolution culturelle avec la liberté d’expression et de Presse, mais le livre allait être de plus en plus concurrencé par les médias: radio, télévision, internet.

 

 

Les bibliothèques ont du s’adapter aux changements culturels et sociétaux et devenir des lieux de rencontres, d’action culturelle avec conférences, colloques, expositions, de partenariat avec le monde associatif (pour lutter contre l’analphabétisme, l’aide aux nouvelles technologies de l’information et la communication… ). Ce n’est plus uniquement un lieu de prêt de livres. La majorité des bibliothèques ont leur portail Internet. Avec l’essor du livre numérique, certaines bibliothèques proposent le prêt numérique. On est loin de cette image du « Rat de Bibliothèque » de Carl Spitzweg!!!

 

Bibliothèque de Celsus - Source WikipédiaMes recherches m’ont menée vers beaucoup de photos de bibliothèques à travers la monde, dont certaines sont tellement belles qu’elles fascinent des photographes tant sur le plan architectural que l’unicité de certains de ces lieux prestigieux chargés d’histoire (comme Reinhard Görner, qui a passé 10 ans à visiter les plus belles bibliothèques au monde). De nombreux sites sur internet présentent les plus belles bibliothèques au monde et le choix est tellement difficile que je les laisse  découvrir pour qui s’y intéresse. Je présente seulement un petit retour sur le passé avec cette photo de la bibliothèque de Celsus d’Éphèse en Turquie qui a été incendiée comme celle d’Alexandrie que j’ai vue il y fort longtemps à l’occasion d’un voyage…

Je vais terminer ce chapitre avec Umberto Eco dans « le nom de la Rose »:

Le nom de la Rose -Umberto Eco - Film de Jean Jacques Annaud - Source Pinterest

« La bibliothèque se défend toute seule, insondable comme la vérité qu’elle héberge, trompeuse comme le mensonge qu’elle enserre. Labyrinthe spirituel, c’est aussi un labyrinthe terrestre. Vous pourriez entrer et vous ne pourriez plus sortir. »

 

 

« C’est l’ombre de la mort qui donne son relief à la vie » Ingmar Bergman

 

Aquarelle - 2005

A l’approche Halloween et de la Toussaint, un tel sujet demande réflexion. C’est une aquarelle qui va introduire cet article. Il y a longtemps cette image d’un banc capturée dans le générique d’une série (les 4400) reflétait  une certaine atmosphère empreinte de solitude et de nostalgie, mais aussi la vie qui continue,  et que j’avais voulu reproduire alors en peinture…

« Une vie s’en est allée laissant une « empreinte » sur un banc, un livre ouvert sur le parcours d’une vie ».

Tableau de sable - D'après une photo de 1933

Qui n’a pas été confronté à la tristesse de voir un proche disparaitre (famille, amis…). Mais ce sont aussi les accidents, catastrophes naturelles, conflits, terrorisme, crimes … qui font la une des médias, journaux et endeuillent familles et populations, puis la vie reprend le dessus. Pour éviter toute tristesse je poursuis  un tel sujet avec cette citation d’Einstein:

« La vie c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre ».

 

 

Selon Cicéron:

« La vie des morts est de survivre dans l’esprit des vivants »

Selon George Sand:

« Le souvenir est le parfum de l’âme »

Une expression « Passer de vie à trépas » ouvre ce propos. Elle est utilisée depuis la seconde moitié du XIX ème siècle mais date en fait du XIVème siècle où on disait plutôt ‘’aller de vie à trépas’’. C’est une métaphore pour rappeler le franchissement du Styx, le fleuve des morts des Anciens. Il est un tableau mythique d’Arnold Böcklin « l’Île des morts »  qui évoque cette image. Beaucoup d’expressions ont trait à ce passage inéluctable pour tous. Je laisse Pierre Dac jouer avec ces mots (pensées – 1972) et effacer la tristesse qu’un tel sujet peut susciter:

« Quand on est passé de vie à trépas, on n’a plus rien à craindre de la mort puisque celle-ci ne s’attaque qu’aux vivants ». 

Beaucoup d’expressions sont utilisées (dont certaines anciennes ont disparu) pour éviter de prononcer ce mot qui fait tellement peur et peut-être pour conjurer le sort. Certaines d’entre elles sont populaires, imagées comme « lâcher la rampe » et « tirer sa révérence » ou « rendre l’âme ou l’esprit »  et « aller ad patres ». Certaines sont argotiques comme « clamser », « claboter », « dévisser son billard », « avaler sa chique »… Pour certains c’est une vision plus culinaire: « c’est manger les pissenlits par la racine » , « ou manger la salade par le trognon », « perdre le goût du pain », « boire le bouillon de onze heures » (empoisonnement), voire peut-être « avaler son acte de naissance »!!! Pour d’autres ce sera « faire le grand saut » et ainsi « casser sa pipe ». On peut aussi « mordre la poussière », « se retrouver six pieds sous terre » ou « se retrouver au royaume des taupes ». C’est aussi « ramasser ses outils », « remiser son fiacre », « rendre les clés » pour « se retrouver entre quatre planches » et « s’habiller de sapin ». En fait tout cela est pour dire « finir ses jours, fermer le yeux, rendre son dernier soupir, tirer le rideau et passer du côté des ténèbres,  l’arme à gauche »… Et je suis loin d’avoir épuisé ce sujet pléthorique… Je laisse Alphonse Allais conclure ces expressions:

« Je me suis toujours demandé si les gauchers passaient l’arme à droite. »

Des signes sur le bord d’une route ou de la mer, en haut d’une falaise, à la montagne… que ce soient des fleurs, une statue, une plaque, une croix ou une sculpture… révèlent qu’un drame est survenu à cet endroit et a endeuillé une famille. Ils sont les garants d’une certaine mémoire pour ne pas sombrer dans l’oubli ou pour conseiller une certaine prudence en un lieu où il est dangereux de s’aventurer. C’est ainsi que certaines images peuvent  captiver l’œil du photographe  en accord  avec une certaine atmosphère mais pas forcément lugubre; en voici une petite illustration:

Ecosse - Point of Stoer

 

Lors d’une balade vers un phare (en Écosse) en fin d’après-midi, une lumière a surgi des nuages en dardant tous ses derniers feux sur  la mer  et l’horizon, tel un éventail (surnommé « montée au ciel »  dans ma famille!!!) et c’est alors qu’une petite croix a surgi dans cet instant lumineux éphémère, créant une atmosphère singulière (simple croix en métal pour commémorer la disparition de 2 personnes plus bas dans les rochers)

« Le souvenir, c’est la présence invisible » Victor Hugo

 

 

Le « Stains castle » est un château en ruine en haut  de falaises surplombant directement la mer du Stains castle - Ecosse - Source PinterestNord (dans  l’Aberdeenshire). Il aurait inspiré Bram Stoker pour Dracula. C’est un lieu étrange qui semble un peu dénué d’âme mais où le fracas des vagues sur le rochers et le cri des mouettes peuvent influer l’imaginaire. Cependant c’est un endroit dangereux où une petite plaque témoigne de la disparition d’un enfant tombé de la falaise et conseille la prudence.

 

« Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis ». Victor Hugo

 

Saint Abbs Head - Ecosse

Une petite sculpture à Saint Abbs Head  (Écosse) de l’artiste Jill Watson est un mémorial à la mémoire de pêcheurs, disparus tragiquement en mer lors d’une tempête  le 14 octobre 1881 qui  a coûté la vie à 189 pêcheurs. Elle représente des femmes et des enfants endeuillés qui scrutent l’horizon en vain.

 

 

« Les morts sont des invisibles, mais non des absents ». Victor Hugo

 

Pieter Bruegel l'Ancien - Le triomphe de la mort - Source PinterestUne expression a retenu mon attention: « Deviser ou épouser la camarde ». C’est une figure allégorique de la mort représentée par un squelette, qui tient son nom de l’adjectif camard signifiant avoir le nez plat, or un crâne ne possède pas de nez d’où cette représentation.

La faucheuse, autre nom pour personnifier la mort, est représentée comme un squelette portant une robe, une toge noire avec capuche, et  une grande faux. Ce symbole est d’origine italienne et est d’usage durant tout le Moyen Âge et la Renaissance. Elle est apparue pendant une période où la peste noire faisait rage et représentait alors pour les habitants ce besoin d’exprimer toute l’horreur de ce drame.  Elle représentait alors un être terrifiant, visage caché, d’où l’imagination de peintres pour s’emparer de cette image dans des tableaux macabres comme ceux de Pieter Brueghel l’Ancien (« Le Triomphe de la Mort » conservé au Musée du Prado à Madrid, où la faucheuse dirige une horde de squelettes qui tuent toutes les classes sociales, montrant alors que tous les hommes sont égaux devant la mort).

La Faucheuse - Source Pinterest - Saint-FailEn référence à la peste, la faucheuse happait l’âme des hommes avec sa faux et frappait à l’aveugle celui qui se trouvait sur son chemin, sans discrimination (riche ou pauvre, bon ou mauvais, sans distinction de couleur, d’origine, de religion…). Pour certains, cette faux aurait été empruntée à l’ancien dieu romain Saturne, Dieu de l’agriculture et du temps, qui prend d’un côté (temps, mort, épidémies, puissances infernales…) et rend de l’autre où la faux symbolise les récoltes (moisson, été, abondance); mais c’est aussi le dieu grec Cronos,  le père des dieux de l’Olympe, qui avait dévoré ses enfants, puis exilé sur terre comme simple mortel avait fondé une communauté agricole, l’Âge d’Or. Beaucoup de peintres au travers des siècles se sont emparés de ce thème fascinant où l’imaginaire est sans limites. Mais la faucheuse apparait aussi dans des chansons   comme dans « mon bistrot préféré » de Renaud:

« Si demain la faucheuse vient me prendre la main
Pourvu qu’elle me conduise au bistrot des copains ».

La mort et le fossoyeur - Carlos Schwabe - Musée du Louvre - Source wikimédia

Dans toutes les mythologies, civilisations ou cultures populaires (Romains et Grecs anciens, Aztèques… Egypte, pays nordiques, japon, Chine, Inde etc…) des divinités incarnent la mort. Par exemple en Lituanie c’était une vieille femme laide, avec un long nez bleu et une langue empoisonnée. Dans la culture slave, elle apparaissait comme une dame blanche qui tenaient des pousses qui ne fanaient jamais. Dans la mythologie hindoue, Yama le maitre des morts chevauchait un bœuf noir et  attrapait les âmes avec un lasso torsadé… Ceci représente un vaste sujet qu’il serait trop long de détailler…

Dans toutes les religions elle est présente comme  l’Ange de la mort, un ange noir.

La mort à la fois fascine et effraie. Elle apparait aussi dans la littérature, la poésie (empreinte de tristesse comme ce célèbre poème de Victor Hugo « Demain dès l’aube… » ), l’Art de la BD (comme « Pierre Tombal » de Marc Hardy – Raoul Cauvin), des jeux vidéo, des films de science fiction,  le fantasy Art, la musique classique (Moussorgski, Schubert…). Certains arrivent ainsi  à exorciser la peur qu’elle engendre et tentent ainsi de l’imager… D’autres vont la tourner en dérision…

J’ai lu tellement de citations sur internet qu’il est difficile de choisir mais certaines se jouent de la tristesse…

Selon Alphonse Allais:

« La mort est un manque de savoir vivre »

Avis partagé par Pierre Dac

« La mort n’est en définitive, que le résultat d’un défaut d’éducation puisqu’elle est la conséquence d’un manque de savoir vivre. » 

Tableau de sable - HalloweenHalloween est une fête traditionnelle héritée de la fête païenne de Samain (Dieu de la Mort),  d’origine Celte, durant 7 jours, officiée par des Druides, célébrée  au début de l’automne, considérée alors comme une sorte de nouvel an. Selon les croyances d’alors, c’était une période où les hommes (appartenant au monde réel) pouvaient communiquer avec des gens de l’autre monde (irréel) esprits, Dieux et démons. On pensait alors que les portes entre le monde des  vivants et celui des morts  étaient ouvertes. Tout un rituel  (avec le feu, des offrandes et des costumes effrayants) consistait à chasser les esprits malveillants.

Elle a lieu maintenant dans la soirée  du 31 octobre, la veille de la fête chrétienne la Toussaint, dont l’église catholique  en a fixé la date au 1er novembre à partir du VIIIème siècle, christianisant ainsi la fête païenne Samain (« All Hallows’ Eve » pouvant être traduit par « la veille de tous les Saints »). C’est une fête très populaire en Irlande, Écosse et Pays de Galles. Elle est apparue aux États-Unis et au Canada avec l’arrivée massive d’émigrants irlandais et écossais, suite à la grande famine (1845-1851). On la retrouve aussi en Australie et en Nouvelle-Zélande. En France elle a eu peu d’impact, critiquée pour être une fête trop commerciale.  Elle est devenue très populaire à partir de 1920. Les citrouilles ont remplacé les navets voire des betteraves et rutabagas, utilisés en Europe pour les lanternes emblématiques d’Halloween (Jack-o’-lantern personnage le plus populaire, issu d’un conte irlandais et qui a dupé le diable à plusieurs reprises, puis fut condamné à errer éternellement dans l’obscurité entre enfer et paradis, à la lueur d’un tison posé dans 1 navet).

Tableau de sable - HalloweenHalloween est surtout une fête pour les enfants, qui se déguisent en sorcières, monstres, vampires, fantômes, esprits maléfiques…, ce qui symbolise les âmes des morts venus rendre visite aux vivants. Ils vont sonner aux portes pour demander des bonbons (« Trick or treat » signifiant « des bonbons ou un sort »!!). La soirée peut comporter aussi des feux de joie ou feux d’artifices.

Les maisons sont décorées avec de multiples autres figures associées à Halloween: chauves-souris, hiboux, corbeaux, vautours, maisons hantées, cimetières, chats noirs, araignées, toiles d’araignées, zombies, momies, loups-garous, démons, gobelins, goules, squelettes, etc… Tableau de sable - Halloween - Frankenstein and his Bride

ou ce qui peut alimenter le cinéma d’horreur et d’épouvante (Dracula, Frankenstein…). On voit aussi la création d’un véritable décor effrayant  devant les maisons avec des effets sonores et de la fumée pour amplifier encore plus toute cette ambiance un tant soit peu macabre!!!. Les couleurs d’Halloween sont principalement le noir et l’orange.

 

Je vais terminer cet article par cette « note fleurie » avec Jacques Brel – Le Moribond »

C’est dur de mourir au printemps, tu sais
Mais je pars aux fleurs la paix dans l’âme »

Sculpture sur bois (Holzschnitzerei)

 

Oberammergau

 

Oberammergau Pilatus HausOberammergau est une petite ville en Bavière, pleine de charme, que nous avons découverte en 1995. Elle nous avait séduits et avait mérité qu’on s’y attarde, car riche artistiquement, non seulement pour ses façades de maison peintes (pour lesquelles on ne peut qu’être admiratifs pour tout ce travail artistique racontant des histoires tant religieuses que profanes), mais aussi pour ses artisans sculpteurs sur bois. Les fresques murales représentent des scènes variées de la vie quotidienne,  ou religieuse, de la passion, mais aussi une architecture en trompe-l’œil avec la maison de Pilate et des contes pour enfants comme le petit Chaperon rouge, Hansel et Gretel, Cendrillon, les musiciens de Brême (malheureusement une inondation a emporté bon nombre de nos photos).

Maison du petit chaperon rouge - Source Pinterest

 

C’est un véritable musée à ciel ouvert. Cet art appelé « Lüftlmalerei » consiste en des fresques réalisées sur le crépis calcaire frais permettant aux couleurs de pénétrer profondément dans le mortier encore humide et d’en garantir la meilleure préservation dans le temps. De plus, tous les 10 ans, cette ville est célèbre pour sa représentation du Mystère de la passion (suite à un vœu fait par la population relativement épargnée par la peste en 1633).

La pratique de la sculpture sur bois à Oberammergau est une  longue tradition qui remonte au XVIIème siècle.  Le thème est principalement religieux: la nativité avec des sujets pour la crèche et des objets de dévotion,  mais aussi profane avec des jouets (petits soldats…) des objets décoratifs (comme le casse-noisette, objet de décoration à Noël ou de collection), mais aussi des animaux, des oiseaux, des figurines etc… Mon 1er coup de cœur, en tant que maman,  a été pour ces petites statuettes d’enfants lovées sous des mains protectrices. C’est ainsi qu’a débuté une collection de sculptures sur bois (notamment ces petites mains).

 

Suisse

 

Après plusieurs séjours en Allemagne, Autriche et Suisse allemande, j’ai trouvé d’autres objets sculptés en bois. Ce « Rat de bibliothèque », d’après la peinture de Carl Spitzweg, a été mon 2ème « coup de cœur » car  depuis longtemps je me suis intéressée à ce peintre romantique allemand poète, qui a peint et dessiné plus de 1500 tableaux.

 

Brienz - SuisseEn Suisse à Brienz, la sculpture sur bois a débuté avec un maître tourneur Christian Fischer, qui a commencé à sculpter des objets usuels en 1816, les vendre aux touristes et à enseigner cet artisanat. Comme Oberammergau, Brienz a son école de sculpture sur bois (fondée en 1884). La sculpture sur bois a fait vivre des générations entières de familles qui vendaient leur créations dans le monde entier (personnages, santons, animaux, végétaux, objets usuels et aussi boites à musiques, pendules, serre-livres…). Les objets sont travaillés dans des bois tendres comme le tilleul, parfois le noyer. Dans l’Oberland bernois près de 2000 personnes y travaillaient dans la 2ème moitié du XIXème siècle dont plus de 1000 actifs à Brienz. Le déclin a commencé à partir de la 1ère guerre mondiale.  C’est un Art à part entière car les sculpteurs doivent non seulement maitriser la technique (15 à 20 ciseaux différents sont nécessaires pour fabriquer une figurine), mais aussi avoir des connaissances en anatomie et de l’imagination pour créer des objets uniques (réalisés à partir de dessins et de modèles en plâtre).  Actuellement  Brienz comporte une quarantaine d’artisans. Maintenant il faut se méfier des copies asiatiques (à l’image de beaucoup d’objets voués au tourisme comme les masques de Venise!!!).

Crèches - Autriche

L’art de la sculpture sur bois est enseigné  également en Autriche (Tyrol). C’est un véritable plaisir visuel de découvrir tout cet artisanat qui a nécessité tant de travail et de maitrise.

 

 

 

 

Afrique

La sculpture sur bois offre une telle diversité de réalisations que personne ne peut y rester insensible! Qu’elle soit traditionnelle ou moderne elle a un certain attrait, appréciée selon les goûts de chacun. L’un de mes proches avait rapporté d’Afrique une statuette en ébène et c’est ainsi qu’il démarra une collection d’artisanat africain.

 

Afrique

 

 

 

 

 

 

Afrique

 

Idole de Shigir - Source Ouest-france.fr/leditiondusoir_ archéologieLa sculpture sur bois existe sans doute depuis l’apparition de l’homme.  Mais les vestiges des 1ères sculptures ont disparu dans le temps, car contrairement à la pierre le bois se détériore rapidement. C’est en Égypte  que des conditions ont été favorables à la préservation de panneaux en bois décorés de sculptures, enfouis dans le sable depuis plus de 4000 ans, dans la tombe d’un pharaon (Hesyrê). Cependant une découverte archéologique a livré ce qui apparait être la sculpture la plus ancienne connue au monde « l’Idole se Shigir » (de 2,80m actuellement, au départ elle mesurait 5,3m). Elle a été trouvée en Russie en 1890 (sous 4m de tourbe), dans une mine d’or à ciel ouvert, sculptée dans du mélèze avec des outils en pierre,  et composée de différents fragments comportant différents symboles du mésolithique dont on n’en connait pas le sens (transmission de connaissances, signification symbolique?). Une 1ère datation par le carbone 14 en 1997 avait établi son âge à 9800 ans.  Mais en 2015 une nouvelle étude indiquait en fait un âge beaucoup plus avancé de 11 000 ans.

En Europe la sculpture sur bois a été surtout pratiquée dans les monastères pendant environ 200 ans, où se réfugièrent des sculpteurs pour réaliser alors des sculptures religieuses. Car ailleurs il leur était interdit de reproduire des œuvres de sculpteurs romains représentant des dieux païens. Après l’an 1000, les sculpteurs ont été plus libres dans leur expression. Ils ont voyagé beaucoup en Europe et partagé leurs techniques et inspiration.

Sculpture miniature - Source Pinterest - Rosaire, 1509-1526, The Devonshire Collection © Craig Boyko/Ian Lefebvre © Art Gallery of Ontario, 2016En Chine la sculpture du buis a un millier d’années. Le buis est connu depuis l’antiquité gréco-romaine. En Europe il a été utilisé pour fabriquer des pipes et des pièces d’échiquier. Vers 1500-1530  en Europe du Nord (Flandre, Hollande) le buis a servi pour créer des sculptures miniatures, objets faciles alors à transporter, sous formes de minuscules retables qui tiennent dans la paume d’une main (tellement minuscules que le microscope et la radio 3D ont été nécessaires pour découvrir les secrets de leur fabrication). En Nouvelle-Zélande la sculpture sur bois a joué un rôle important et respecté dans la culture maorie et utilise le bois local (de conifères: kauri, totara). Le choix du bois varie selon les pays, les régions et selon la sculpture. En Chine le sapin est utilisé en architecture pour les sculptures et le camphrier pour des sculptures de meubles.

Figure de proue - Copie exacte de la Santa Maria de Christophe Colomb

Ceci ne reflète qu’un bref aperçu de cet Art qui perdure à travers les âges et se retrouve partout dans le monde. J’ai ainsi parcouru sur internet de très nombreux sites relatant la sculpture sur bois avec son histoire, ses traditions selon les pays, le bois utilisé, les créations plus contemporaines (notamment de Brancusi ainsi que d’autres…) etc…

« C’est en taillant la pierre, le bois que l’on découvre l’esprit de la matière, sa propre mesure. la main pense et unit la pensée et la matière » Constantin Brancusi

Nous avons apprécié cette statuaire en bois partout présente, lors  de visites de musées, d’expositions (concernant des bateaux, des figures de proue, l’Art nouveau…), d’églises et de villes (comme à Venise), de châteaux, de parcs ou jardins…

 

 

 

Puzzle chat et Mimi

 

 

Je vais cependant conclure avec quelques photos car mes proches connaissant ma passion des chats m’ont offert plein de statuettes de chat en bois!!!

Chat - Strasbourg

 

 

 

 

 

Mais j’ai découvert aussi d’autres sculptures sur bois qui ont retenu mon attention comme un couple de personnes âgées, Don Quichotte et Sancho Panza en serre-livres…

 

Puzzlz chat et chien cockerEt pourquoi ne pas ajouter à la collection  un chien!