Une Bibliothèque « carrefour de tous les rêves de l’humanité » Julien Green

Le nom de la Rose -Umberto Eco - Film de Jean Jacques Annaud - Source Pinterest

L’envie de cheminer sur la voie des bibliothèques est née d’un commentaire de l’article concernant l’histoire fantastique « Murée vive ». Un Monsieur (retraité comme moi), avait été fasciné et passionné par cette histoire dans son enfance, m’apprenant alors qu’il s’agissait d’un fait réel, ce qui rend cette histoire  d’autant plus troublante et prenante. Il m’a alors envoyé  des images de son vieux livre

 

Il m’apprit que le château dont il était question était vraiment Montségur. Il y a fort longtemps, j’ai visité ce château cathare, loin d’imaginer alors ce lien avec l’histoire en question qui m’avait hantée  pendant tant années. C’est grâce à la vulgarisation d’internet et le site des collections numérisées de la BNF (Gallica) que j’ai enfin retrouvé cette histoire après avoir parcouru en vain bien des étagères de librairies et bibliothèques.

 

Tolstoi avec ses petits-enfants - Source PinterestC’est aussi grâce à internet que j’ai retrouvé la nouvelle de Léon Tolstoï dont s’est inspiré John Muth pour faire un très beau livre d’enfant (l’un de mes préférés tant par le graphisme que l’histoire) inspiré de cette nouvelle: « Les trois questions ».

 

 

 

 

Internet est vraiment un « puits de connaissances »  et lieu de partage qui permet d’accéder rapidement à tellement  de savoir, d’histoires, de documents, de sciences, de photos, de culture, etc… que cela en donne le vertige. Un nouveau chapitre dans l’histoire du livre a été écrit avec le livre numérique et internet. Une adaptation des bibliothèques a été nécessaire pour s’accorder à ce nouveau mode de diffusion des connaissances et prendre un nouveau départ pour éviter leur déclin.

Livre de Winston Graham - MarnieTous les livres, notamment ceux avec une riche iconographie, ne sont pas comme des romans facilement numérisables. De même des livres très anciens à tirage limité, difficiles à scanner et à se procurer, font la joie de collectionneurs, mais aussi de chercheurs, d’étudiants… et enrichissent les étagères de certaines bibliothèques. Des collectionneurs sont en quête des 1ères éditions (comme par exemple les livres de Jules Verne, voire des BD). D’autres, simplement lecteurs, désirant posséder un livre, recherchent un livre dont s’est inspiré un scénariste pour un film (c’est ainsi que autrefois j’ai trouvé chez  Emmaüs un livre de Winston Graham « Marnie » dont s’est inspiré Alfred Hitchcock pour « Pas de printemps pour Marnie »). Il ne faut pas nier non plus l’engouement pour une littérature contemporaine comme les « Harry Potter »… C’est ainsi que chacun en arrive à créer sa propre bibliothèque en fonction de ses aspirations.

« Sur les rayons des bibliothèques, je vis un monde surgir de l’horizon. »  Jack London

 

Reconstitution Bibliothèque d' Alexandrie - Carl Sagan - Au bord de l'océan cosmique - Source PinterestUne série de 13 documentaires « Cosmos », diffusée en 1980, m’avait interpellée, conçue par Carl Sagan. Cet astronome a découvert à 7 ans l’astronomie dans un ouvrage emprunté à la bibliothèque de New-York.  A plusieurs reprises il a évoqué des bibliothèques et les livres, supports de l’information, « invention de la mémoire collective ». Au départ  dans le 1er documentaire, il a fait revivre un grand mythe de la grande bibliothèque d’Alexandrie, créée au III ème siècle av J-C par Ptolémée 1er, ouverte aux érudits et aux grands intellectuels. Cette bibliothèque, à jamais disparue (incendiée), possédait 1 million de rouleaux de papyrus. Il a cité par la suite la bibliothèque de Ninive (ancienne ville assyrienne, l’une des plus anciennes villes de Mésopotamie) qui abritait des milliers de tablettes cunéiformes.

 

Carl Sagan - Bibliothèque New york - "La persistance de la mémoire"Dans le 11ème documentaire (« la persistance de la mémoire ») il s’est arrêté longuement dans la grande bibliothèque de New York avec ses 10 millions de livres et tellement de connaissances. En fait c’est cet épisode qui avait marqué mon esprit car j’avais gardé en mémoire ce constat qu’il avait fait devant les rayonnages de livres: « si je lis un livre par semaine pendant toute ma vie d’adulte, avec une espérance de vie normale , j’aurais lu quelques milliers de livres, pas plus, 1/1000ème de cette bibliothèque » et il a joint le geste à la parole montrant l’étendue alors du rayonnage concerné. Mais quel livre faut-il lire?

Il a abordé alors l’historique de l’écriture (qui pour lui « est sans doute l’une des plus grandes inventions ») et du livre où l’auteur s’adresse directement au lecteur (« il suffit d’en ouvrir un et on est dans le cerveau d’une personne peut-être morte depuis des milliers d’années, par delà les millénaires… Les livres font connaitre les pensées des grands esprits, notre histoire… Ils brisent les chaînes du temps…et nous font voyager dans le temps »). L’écriture et les livres rapprochent ainsi des gens qui ne se connaissent pas, voire d’époques éloignées. Carl Sagan évoque tout ce parcours de l’écriture, puis l’imprimerie permettant de passer de quelques milliers de livres écrits à la main, à des millions édités à l’heure actuelle.

Des millions de données et d’informations sont ainsi stockées dans des livres et des ordinateurs reliés à travers le monde. Avant le savoir se transmettait oralement, maintenant les livres sont les dépositaires de  nos connaissances, mais aussi de l’imagination, des idées et des pensées etc… Les bibliothèques sont donc des lieux de partage de savoir et de mémoire. Selon Carl Sagan en Égypte les bibliothèques portaient cette inscription « de la nourriture pour l’esprit » et sur le monument funéraire de  Ramsès II « remède pour l’âme ». Les bibliothèques ont du s’adapter à ces nouveaux modes de communications informatiques planétaires.

« En Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » Amadou Hampâté Bâ

Homme vitruvien - Lénoard de Vinci - TapisL’histoire des bibliothèques est très ancienne et de très nombreux ouvrages lui sont consacrée. Le mot vient du grec ancien signifiant lieu de « dépôt du livre », où est donc organisée, conservée et lue une collection de livres et de documents. La plus ancienne bibliothèque dont on a connaissance chez les Grecs daterait du VIème siècle avant notre ère (au temps de Polycrate sur l’île de Samos) et Pisitrate fut le premier à fonder une bibliothèque publique à Athènes. Les officiers romains, en colonisant la Grèce, pillèrent les bibliothèques royales. La plus remarquable fut celle de Lucullus qui en fit un lieu de discussion et villégiature. Il aménagea la bibliothèque à Rome avec des galeries et des salles accessibles à tous. La 1ère bibliothèque publique à Rome ouvrit en 39 av J-C. (à Florence en 1437 après J-C…). La bibliothèque devint un lieu de rencontres privilégiées avec diffusion du savoir, de réflexion, d’échanges, puis ouvert à la culture grecque et latine. Peu à peu les bibliothèques privées et publiques se multiplièrent. Rome en comptait 3 au début du 1er millénaire puis 28 en 377. Elles étaient souvent intégrées au thermes. Ces thermes-bibliothèques devinrent des centres culturels complets avec des jardins, salles de lecture et salles de travail. Vitruve, grand architecte, préconisait alors l’orientation vers l’Est d’un tel édifice pour capter la lumière et réduire l’humidité susceptible d’endommager les livres (Vitruve a influencé dès la Renaissance des penseurs, architectes et artistes  comme Léonard de Vinci et son célèbre « Homme vitruvien » – proportions du corps humain). De même en Chine au III et IV ème siècle av J-C il existe un  mouvement important de diffusion de textes et la fondation d’une bibliothèque impériale.

Au Moyen Âge, ce sont surtout les monastères et l’église qui conservaient les textes, chrétiens ou païens (textes de l’antiquité), et enrichissaient les bibliothèques. Ces bibliothèques ecclésiastiques étaient non seulement des centres de conservation  (d’œuvres antiques qui auraient peut être à jamais disparu), mais aussi d’étude (par exemple de textes sacrés) et de copies de livres devenus rares (scriptorium: atelier des moines copistes). De même le monde musulman avec la culture de l’Art islamique (au VI ème siècle) va disposer ensuite de grandes bibliothèques (Fès, Cordoue…).

 

Dès le XII-XIII ème siècle les universités, les collèges ont crée peu à peu en Europe, leurs propres bibliothèques et prirent le relais des monastères et en complétèrent le travail. Les rois aussi ont constitué leurs propres bibliothèques (Saint Louis, Charles V, Charles VIII…), puis  de grands penseurs et collectionneurs (Mazarin, Colbert, Richelieu…). De même en Italie Au XVII ème siècle sont apparus des cabinets de lecture.

Dès le XVI ème siècle l’invention de l’imprimerie a été une petite révolution et allait enrichir les collections des bibliothèques qui s’ouvraient de plus en plus largement au public partout en Europe (France, Italie, Angleterre, Europe centrale… puis dans les colonies et aux États Unis). Sous l’impulsion de François 1er  le commerce des livres se développa ainsi que l’organisation de salles de lecture dans les bibliothèques. Avant le pouvoir royal encadrait fortement la librairie pour avoir un regard sur tout ce qui était édité. Ensuite vont apparaitre les revues littéraires (la Gazette, le Mercure de France..). Puis ce sera largement le développement du monde de l’édition.

Le bibliothécaire - D'après Giuseppe ArcimboldoLe transfert de collections privées au public s’accéléra en France notamment à la Révolution où les livres des universités, des académies, des sociétés savantes, des émigrés, des aristocrates, du clergé… furent confisqués et confiés aux communes, placés dans des dépôts littéraires. Puis les bibliothèques municipales  s’ouvrirent largement au public, s’organisèrent et le métier de Bibliothécaire  apparut. Les inventions technologiques  permirent l’essor de la presse périodique, la diffusion de livres à coût modéré, la multiplication des maisons d’édition … Nombreuses furent les bibliothèques municipales, départementales, régionales, nationales, scolaires,  universitaires, d’entreprises, d’enseignement et de recherches, spécialisées (musicales, juridiques, médicales…) etc… Ce fut une grande révolution culturelle avec la liberté d’expression et de Presse, mais le livre allait être de plus en plus concurrencé par les médias: radio, télévision, internet.

 

 

Les bibliothèques ont du s’adapter aux changements culturels et sociétaux et devenir des lieux de rencontres, d’action culturelle avec conférences, colloques, expositions, de partenariat avec le monde associatif (pour lutter contre l’analphabétisme, l’aide aux nouvelles technologies de l’information et la communication… ). Ce n’est plus uniquement un lieu de prêt de livres. La majorité des bibliothèques ont leur portail Internet. Avec l’essor du livre numérique, certaines bibliothèques proposent le prêt numérique. On est loin de cette image du « Rat de Bibliothèque » de Carl Spitzweg!!!

 

Bibliothèque de Celsus - Source WikipédiaMes recherches m’ont menée vers beaucoup de photos de bibliothèques à travers la monde, dont certaines sont tellement belles qu’elles fascinent des photographes tant sur le plan architectural que l’unicité de certains de ces lieux prestigieux chargés d’histoire (comme Reinhard Görner, qui a passé 10 ans à visiter les plus belles bibliothèques au monde). De nombreux sites sur internet présentent les plus belles bibliothèques au monde et le choix est tellement difficile que je les laisse  découvrir pour qui s’y intéresse. Je présente seulement un petit retour sur le passé avec cette photo de la bibliothèque de Celsus d’Éphèse en Turquie qui a été incendiée comme celle d’Alexandrie que j’ai vue il y fort longtemps à l’occasion d’un voyage…

Je vais terminer ce chapitre avec Umberto Eco dans « le nom de la Rose »:

Le nom de la Rose -Umberto Eco - Film de Jean Jacques Annaud - Source Pinterest

« La bibliothèque se défend toute seule, insondable comme la vérité qu’elle héberge, trompeuse comme le mensonge qu’elle enserre. Labyrinthe spirituel, c’est aussi un labyrinthe terrestre. Vous pourriez entrer et vous ne pourriez plus sortir. »

 

 

« C’est l’ombre de la mort qui donne son relief à la vie » Ingmar Bergman

 

Aquarelle - 2005

A l’approche Halloween et de la Toussaint, un tel sujet demande réflexion. C’est une aquarelle qui va introduire cet article. Il y a longtemps cette image d’un banc capturée dans le générique d’une série (les 4400) reflétait  une certaine atmosphère empreinte de solitude et de nostalgie, mais aussi la vie qui continue,  et que j’avais voulu reproduire alors en peinture…

« Une vie s’en est allée laissant une « empreinte » sur un banc, un livre ouvert sur le parcours d’une vie ».

Tableau de sable - D'après une photo de 1933

Qui n’a pas été confronté à la tristesse de voir un proche disparaitre (famille, amis…). Mais ce sont aussi les accidents, catastrophes naturelles, conflits, terrorisme, crimes … qui font la une des médias, journaux et endeuillent familles et populations, puis la vie reprend le dessus. Pour éviter toute tristesse je poursuis  un tel sujet avec cette citation d’Einstein:

« La vie c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre ».

 

 

Selon Cicéron:

« La vie des morts est de survivre dans l’esprit des vivants »

Selon George Sand:

« Le souvenir est le parfum de l’âme »

Une expression « Passer de vie à trépas » ouvre ce propos. Elle est utilisée depuis la seconde moitié du XIX ème siècle mais date en fait du XIVème siècle où on disait plutôt ‘’aller de vie à trépas’’. C’est une métaphore pour rappeler le franchissement du Styx, le fleuve des morts des Anciens. Il est un tableau mythique d’Arnold Böcklin « l’Île des morts »  qui évoque cette image. Beaucoup d’expressions ont trait à ce passage inéluctable pour tous. Je laisse Pierre Dac jouer avec ces mots (pensées – 1972) et effacer la tristesse qu’un tel sujet peut susciter:

« Quand on est passé de vie à trépas, on n’a plus rien à craindre de la mort puisque celle-ci ne s’attaque qu’aux vivants ». 

Beaucoup d’expressions sont utilisées (dont certaines anciennes ont disparu) pour éviter de prononcer ce mot qui fait tellement peur et peut-être pour conjurer le sort. Certaines d’entre elles sont populaires, imagées comme « lâcher la rampe » et « tirer sa révérence » ou « rendre l’âme ou l’esprit »  et « aller ad patres ». Certaines sont argotiques comme « clamser », « claboter », « dévisser son billard », « avaler sa chique »… Pour certains c’est une vision plus culinaire: « c’est manger les pissenlits par la racine » , « ou manger la salade par le trognon », « perdre le goût du pain », « boire le bouillon de onze heures » (empoisonnement), voire peut-être « avaler son acte de naissance »!!! Pour d’autres ce sera « faire le grand saut » et ainsi « casser sa pipe ». On peut aussi « mordre la poussière », « se retrouver six pieds sous terre » ou « se retrouver au royaume des taupes ». C’est aussi « ramasser ses outils », « remiser son fiacre », « rendre les clés » pour « se retrouver entre quatre planches » et « s’habiller de sapin ». En fait tout cela est pour dire « finir ses jours, fermer le yeux, rendre son dernier soupir, tirer le rideau et passer du côté des ténèbres,  l’arme à gauche »… Et je suis loin d’avoir épuisé ce sujet pléthorique… Je laisse Alphonse Allais conclure ces expressions:

« Je me suis toujours demandé si les gauchers passaient l’arme à droite. »

Des signes sur le bord d’une route ou de la mer, en haut d’une falaise, à la montagne… que ce soient des fleurs, une statue, une plaque, une croix ou une sculpture… révèlent qu’un drame est survenu à cet endroit et a endeuillé une famille. Ils sont les garants d’une certaine mémoire pour ne pas sombrer dans l’oubli ou pour conseiller une certaine prudence en un lieu où il est dangereux de s’aventurer. C’est ainsi que certaines images peuvent  captiver l’œil du photographe  en accord  avec une certaine atmosphère mais pas forcément lugubre; en voici une petite illustration:

Ecosse - Point of Stoer

 

Lors d’une balade vers un phare (en Écosse) en fin d’après-midi, une lumière a surgi des nuages en dardant tous ses derniers feux sur  la mer  et l’horizon, tel un éventail (surnommé « montée au ciel »  dans ma famille!!!) et c’est alors qu’une petite croix a surgi dans cet instant lumineux éphémère, créant une atmosphère singulière (simple croix en métal pour commémorer la disparition de 2 personnes plus bas dans les rochers)

« Le souvenir, c’est la présence invisible » Victor Hugo

 

 

Le « Stains castle » est un château en ruine en haut  de falaises surplombant directement la mer du Stains castle - Ecosse - Source PinterestNord (dans  l’Aberdeenshire). Il aurait inspiré Bram Stoker pour Dracula. C’est un lieu étrange qui semble un peu dénué d’âme mais où le fracas des vagues sur le rochers et le cri des mouettes peuvent influer l’imaginaire. Cependant c’est un endroit dangereux où une petite plaque témoigne de la disparition d’un enfant tombé de la falaise et conseille la prudence.

 

« Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis ». Victor Hugo

 

Saint Abbs Head - Ecosse

Une petite sculpture à Saint Abbs Head  (Écosse) de l’artiste Jill Watson est un mémorial à la mémoire de pêcheurs, disparus tragiquement en mer lors d’une tempête  le 14 octobre 1881 qui  a coûté la vie à 189 pêcheurs. Elle représente des femmes et des enfants endeuillés qui scrutent l’horizon en vain.

 

 

« Les morts sont des invisibles, mais non des absents ». Victor Hugo

 

Pieter Bruegel l'Ancien - Le triomphe de la mort - Source PinterestUne expression a retenu mon attention: « Deviser ou épouser la camarde ». C’est une figure allégorique de la mort représentée par un squelette, qui tient son nom de l’adjectif camard signifiant avoir le nez plat, or un crâne ne possède pas de nez d’où cette représentation.

La faucheuse, autre nom pour personnifier la mort, est représentée comme un squelette portant une robe, une toge noire avec capuche, et  une grande faux. Ce symbole est d’origine italienne et est d’usage durant tout le Moyen Âge et la Renaissance. Elle est apparue pendant une période où la peste noire faisait rage et représentait alors pour les habitants ce besoin d’exprimer toute l’horreur de ce drame.  Elle représentait alors un être terrifiant, visage caché, d’où l’imagination de peintres pour s’emparer de cette image dans des tableaux macabres comme ceux de Pieter Brueghel l’Ancien (« Le Triomphe de la Mort » conservé au Musée du Prado à Madrid, où la faucheuse dirige une horde de squelettes qui tuent toutes les classes sociales, montrant alors que tous les hommes sont égaux devant la mort).

La Faucheuse - Source Pinterest - Saint-FailEn référence à la peste, la faucheuse happait l’âme des hommes avec sa faux et frappait à l’aveugle celui qui se trouvait sur son chemin, sans discrimination (riche ou pauvre, bon ou mauvais, sans distinction de couleur, d’origine, de religion…). Pour certains, cette faux aurait été empruntée à l’ancien dieu romain Saturne, Dieu de l’agriculture et du temps, qui prend d’un côté (temps, mort, épidémies, puissances infernales…) et rend de l’autre où la faux symbolise les récoltes (moisson, été, abondance); mais c’est aussi le dieu grec Cronos,  le père des dieux de l’Olympe, qui avait dévoré ses enfants, puis exilé sur terre comme simple mortel avait fondé une communauté agricole, l’Âge d’Or. Beaucoup de peintres au travers des siècles se sont emparés de ce thème fascinant où l’imaginaire est sans limites. Mais la faucheuse apparait aussi dans des chansons   comme dans « mon bistrot préféré » de Renaud:

« Si demain la faucheuse vient me prendre la main
Pourvu qu’elle me conduise au bistrot des copains ».

La mort et le fossoyeur - Carlos Schwabe - Musée du Louvre - Source wikimédia

Dans toutes les mythologies, civilisations ou cultures populaires (Romains et Grecs anciens, Aztèques… Egypte, pays nordiques, japon, Chine, Inde etc…) des divinités incarnent la mort. Par exemple en Lituanie c’était une vieille femme laide, avec un long nez bleu et une langue empoisonnée. Dans la culture slave, elle apparaissait comme une dame blanche qui tenaient des pousses qui ne fanaient jamais. Dans la mythologie hindoue, Yama le maitre des morts chevauchait un bœuf noir et  attrapait les âmes avec un lasso torsadé… Ceci représente un vaste sujet qu’il serait trop long de détailler…

Dans toutes les religions elle est présente comme  l’Ange de la mort, un ange noir.

La mort à la fois fascine et effraie. Elle apparait aussi dans la littérature, la poésie (empreinte de tristesse comme ce célèbre poème de Victor Hugo « Demain dès l’aube… » ), l’Art de la BD (comme « Pierre Tombal » de Marc Hardy – Raoul Cauvin), des jeux vidéo, des films de science fiction,  le fantasy Art, la musique classique (Moussorgski, Schubert…). Certains arrivent ainsi  à exorciser la peur qu’elle engendre et tentent ainsi de l’imager… D’autres vont la tourner en dérision…

J’ai lu tellement de citations sur internet qu’il est difficile de choisir mais certaines se jouent de la tristesse…

Selon Alphonse Allais:

« La mort est un manque de savoir vivre »

Avis partagé par Pierre Dac

« La mort n’est en définitive, que le résultat d’un défaut d’éducation puisqu’elle est la conséquence d’un manque de savoir vivre. » 

Tableau de sable - HalloweenHalloween est une fête traditionnelle héritée de la fête païenne de Samain (Dieu de la Mort),  d’origine Celte, durant 7 jours, officiée par des Druides, célébrée  au début de l’automne, considérée alors comme une sorte de nouvel an. Selon les croyances d’alors, c’était une période où les hommes (appartenant au monde réel) pouvaient communiquer avec des gens de l’autre monde (irréel) esprits, Dieux et démons. On pensait alors que les portes entre le monde des  vivants et celui des morts  étaient ouvertes. Tout un rituel  (avec le feu, des offrandes et des costumes effrayants) consistait à chasser les esprits malveillants.

Elle a lieu maintenant dans la soirée  du 31 octobre, la veille de la fête chrétienne la Toussaint, dont l’église catholique  en a fixé la date au 1er novembre à partir du VIIIème siècle, christianisant ainsi la fête païenne Samain (« All Hallows’ Eve » pouvant être traduit par « la veille de tous les Saints »). C’est une fête très populaire en Irlande, Écosse et Pays de Galles. Elle est apparue aux États-Unis et au Canada avec l’arrivée massive d’émigrants irlandais et écossais, suite à la grande famine (1845-1851). On la retrouve aussi en Australie et en Nouvelle-Zélande. En France elle a eu peu d’impact, critiquée pour être une fête trop commerciale.  Elle est devenue très populaire à partir de 1920. Les citrouilles ont remplacé les navets voire des betteraves et rutabagas, utilisés en Europe pour les lanternes emblématiques d’Halloween (Jack-o’-lantern personnage le plus populaire, issu d’un conte irlandais et qui a dupé le diable à plusieurs reprises, puis fut condamné à errer éternellement dans l’obscurité entre enfer et paradis, à la lueur d’un tison posé dans 1 navet).

Tableau de sable - HalloweenHalloween est surtout une fête pour les enfants, qui se déguisent en sorcières, monstres, vampires, fantômes, esprits maléfiques…, ce qui symbolise les âmes des morts venus rendre visite aux vivants. Ils vont sonner aux portes pour demander des bonbons (« Trick or treat » signifiant « des bonbons ou un sort »!!). La soirée peut comporter aussi des feux de joie ou feux d’artifices.

Les maisons sont décorées avec de multiples autres figures associées à Halloween: chauves-souris, hiboux, corbeaux, vautours, maisons hantées, cimetières, chats noirs, araignées, toiles d’araignées, zombies, momies, loups-garous, démons, gobelins, goules, squelettes, etc… Tableau de sable - Halloween - Frankenstein and his Bride

ou ce qui peut alimenter le cinéma d’horreur et d’épouvante (Dracula, Frankenstein…). On voit aussi la création d’un véritable décor effrayant  devant les maisons avec des effets sonores et de la fumée pour amplifier encore plus toute cette ambiance un tant soit peu macabre!!!. Les couleurs d’Halloween sont principalement le noir et l’orange.

 

Je vais terminer cet article par cette « note fleurie » avec Jacques Brel – Le Moribond »

C’est dur de mourir au printemps, tu sais
Mais je pars aux fleurs la paix dans l’âme »

Sculpture sur bois (Holzschnitzerei)

 

Oberammergau

 

Oberammergau Pilatus HausOberammergau est une petite ville en Bavière, pleine de charme, que nous avons découverte en 1995. Elle nous avait séduits et avait mérité qu’on s’y attarde, car riche artistiquement, non seulement pour ses façades de maison peintes (pour lesquelles on ne peut qu’être admiratifs pour tout ce travail artistique racontant des histoires tant religieuses que profanes), mais aussi pour ses artisans sculpteurs sur bois. Les fresques murales représentent des scènes variées de la vie quotidienne,  ou religieuse, de la passion, mais aussi une architecture en trompe-l’œil avec la maison de Pilate et des contes pour enfants comme le petit Chaperon rouge, Hansel et Gretel, Cendrillon, les musiciens de Brême (malheureusement une inondation a emporté bon nombre de nos photos).

Maison du petit chaperon rouge - Source Pinterest

 

C’est un véritable musée à ciel ouvert. Cet art appelé « Lüftlmalerei » consiste en des fresques réalisées sur le crépis calcaire frais permettant aux couleurs de pénétrer profondément dans le mortier encore humide et d’en garantir la meilleure préservation dans le temps. De plus, tous les 10 ans, cette ville est célèbre pour sa représentation du Mystère de la passion (suite à un vœu fait par la population relativement épargnée par la peste en 1633).

La pratique de la sculpture sur bois à Oberammergau est une  longue tradition qui remonte au XVIIème siècle.  Le thème est principalement religieux: la nativité avec des sujets pour la crèche et des objets de dévotion,  mais aussi profane avec des jouets (petits soldats…) des objets décoratifs (comme le casse-noisette, objet de décoration à Noël ou de collection), mais aussi des animaux, des oiseaux, des figurines etc… Mon 1er coup de cœur, en tant que maman,  a été pour ces petites statuettes d’enfants lovées sous des mains protectrices. C’est ainsi qu’a débuté une collection de sculptures sur bois (notamment ces petites mains).

 

Suisse

 

Après plusieurs séjours en Allemagne, Autriche et Suisse allemande, j’ai trouvé d’autres objets sculptés en bois. Ce « Rat de bibliothèque », d’après la peinture de Carl Spitzweg, a été mon 2ème « coup de cœur » car  depuis longtemps je me suis intéressée à ce peintre romantique allemand poète, qui a peint et dessiné plus de 1500 tableaux.

 

Brienz - SuisseEn Suisse à Brienz, la sculpture sur bois a débuté avec un maître tourneur Christian Fischer, qui a commencé à sculpter des objets usuels en 1816, les vendre aux touristes et à enseigner cet artisanat. Comme Oberammergau, Brienz a son école de sculpture sur bois (fondée en 1884). La sculpture sur bois a fait vivre des générations entières de familles qui vendaient leur créations dans le monde entier (personnages, santons, animaux, végétaux, objets usuels et aussi boites à musiques, pendules, serre-livres…). Les objets sont travaillés dans des bois tendres comme le tilleul, parfois le noyer. Dans l’Oberland bernois près de 2000 personnes y travaillaient dans la 2ème moitié du XIXème siècle dont plus de 1000 actifs à Brienz. Le déclin a commencé à partir de la 1ère guerre mondiale.  C’est un Art à part entière car les sculpteurs doivent non seulement maitriser la technique (15 à 20 ciseaux différents sont nécessaires pour fabriquer une figurine), mais aussi avoir des connaissances en anatomie et de l’imagination pour créer des objets uniques (réalisés à partir de dessins et de modèles en plâtre).  Actuellement  Brienz comporte une quarantaine d’artisans. Maintenant il faut se méfier des copies asiatiques (à l’image de beaucoup d’objets voués au tourisme comme les masques de Venise!!!).

Crèches - Autriche

L’art de la sculpture sur bois est enseigné  également en Autriche (Tyrol). C’est un véritable plaisir visuel de découvrir tout cet artisanat qui a nécessité tant de travail et de maitrise.

 

 

 

 

Afrique

La sculpture sur bois offre une telle diversité de réalisations que personne ne peut y rester insensible! Qu’elle soit traditionnelle ou moderne elle a un certain attrait, appréciée selon les goûts de chacun. L’un de mes proches avait rapporté d’Afrique une statuette en ébène et c’est ainsi qu’il démarra une collection d’artisanat africain.

 

Afrique

 

 

 

 

 

 

Afrique

 

Idole de Shigir - Source Ouest-france.fr/leditiondusoir_ archéologieLa sculpture sur bois existe sans doute depuis l’apparition de l’homme.  Mais les vestiges des 1ères sculptures ont disparu dans le temps, car contrairement à la pierre le bois se détériore rapidement. C’est en Égypte  que des conditions ont été favorables à la préservation de panneaux en bois décorés de sculptures, enfouis dans le sable depuis plus de 4000 ans, dans la tombe d’un pharaon (Hesyrê). Cependant une découverte archéologique a livré ce qui apparait être la sculpture la plus ancienne connue au monde « l’Idole se Shigir » (de 2,80m actuellement, au départ elle mesurait 5,3m). Elle a été trouvée en Russie en 1890 (sous 4m de tourbe), dans une mine d’or à ciel ouvert, sculptée dans du mélèze avec des outils en pierre,  et composée de différents fragments comportant différents symboles du mésolithique dont on n’en connait pas le sens (transmission de connaissances, signification symbolique?). Une 1ère datation par le carbone 14 en 1997 avait établi son âge à 9800 ans.  Mais en 2015 une nouvelle étude indiquait en fait un âge beaucoup plus avancé de 11 000 ans.

En Europe la sculpture sur bois a été surtout pratiquée dans les monastères pendant environ 200 ans, où se réfugièrent des sculpteurs pour réaliser alors des sculptures religieuses. Car ailleurs il leur était interdit de reproduire des œuvres de sculpteurs romains représentant des dieux païens. Après l’an 1000, les sculpteurs ont été plus libres dans leur expression. Ils ont voyagé beaucoup en Europe et partagé leurs techniques et inspiration.

Sculpture miniature - Source Pinterest - Rosaire, 1509-1526, The Devonshire Collection © Craig Boyko/Ian Lefebvre © Art Gallery of Ontario, 2016En Chine la sculpture du buis a un millier d’années. Le buis est connu depuis l’antiquité gréco-romaine. En Europe il a été utilisé pour fabriquer des pipes et des pièces d’échiquier. Vers 1500-1530  en Europe du Nord (Flandre, Hollande) le buis a servi pour créer des sculptures miniatures, objets faciles alors à transporter, sous formes de minuscules retables qui tiennent dans la paume d’une main (tellement minuscules que le microscope et la radio 3D ont été nécessaires pour découvrir les secrets de leur fabrication). En Nouvelle-Zélande la sculpture sur bois a joué un rôle important et respecté dans la culture maorie et utilise le bois local (de conifères: kauri, totara). Le choix du bois varie selon les pays, les régions et selon la sculpture. En Chine le sapin est utilisé en architecture pour les sculptures et le camphrier pour des sculptures de meubles.

Figure de proue - Copie exacte de la Santa Maria de Christophe Colomb

Ceci ne reflète qu’un bref aperçu de cet Art qui perdure à travers les âges et se retrouve partout dans le monde. J’ai ainsi parcouru sur internet de très nombreux sites relatant la sculpture sur bois avec son histoire, ses traditions selon les pays, le bois utilisé, les créations plus contemporaines (notamment de Brancusi ainsi que d’autres…) etc…

« C’est en taillant la pierre, le bois que l’on découvre l’esprit de la matière, sa propre mesure. la main pense et unit la pensée et la matière » Constantin Brancusi

Nous avons apprécié cette statuaire en bois partout présente, lors  de visites de musées, d’expositions (concernant des bateaux, des figures de proue, l’Art nouveau…), d’églises et de villes (comme à Venise), de châteaux, de parcs ou jardins…

 

 

 

Puzzle chat et Mimi

 

 

Je vais cependant conclure avec quelques photos car mes proches connaissant ma passion des chats m’ont offert plein de statuettes de chat en bois!!!

Chat - Strasbourg

 

 

 

 

 

Mais j’ai découvert aussi d’autres sculptures sur bois qui ont retenu mon attention comme un couple de personnes âgées, Don Quichotte et Sancho Panza en serre-livres…

 

Puzzlz chat et chien cockerEt pourquoi ne pas ajouter à la collection  un chien!

 

 

L’Art de la photo

Sicile

 

ParisLa photographie s’est tellement banalisée qu’il peut être difficile de parler d’Art. Cependant certaines photos retiennent l’attention,  comme dans d’autres domaines artistiques, où une certaine fascination peut s’exercer. Ainsi l’intérêt réside en  une prise de vue, une lumière, les couleurs, un thème choisi, un certain univers, un style, etc… et va captiver notre curiosité, notre sensibilité…. Certains s’idéalisent dans leurs « selfies »; alors que d’autres vont rechercher des « instants de vie », images éphémères capturés sur le vif. Ces « instantanés » paraissent  immuables à l’image de gestes d’artisans,  figés comme des statues ou sculptures, mystérieux comme des reflets ou des paysages noyés dans la brume, voire apaisants  comme ces personnes alanguies somnolant sur un banc ou ces lecteurs captivés par leur lecture… Les « prises de vue » sont infinies… La photo, avec le développement du numérique, est devenue accessible à tous et s’est banalisée (téléphone portable). C’est devenu un moyen « communicationnel ».

 

Jordanie - PetraBeaucoup de sites mythiques, de monuments, de villes… sont une invitation au voyage avec l’envie de les « immortaliser ». Qui n’a pas rêvé en suivant les pas d’Indiana Jones de voir « la Merveille » gravée dans la pierre et le sable à Pétra, mais aussi d’autres sites classés dans le patrimoine mondial de l’Unesco…!  Parfois c’est une découverte insolite qui attire l’œil et l’oreille comme cet orgue marin, envoûtant, unique au monde, à Zadar en Croatie,  conçu par un architecte mélomane (Nikola Basic), qui fonctionne grâce au ressac de la mer. Zadar - Croatie - Orgue marin

Les grands voyageurs et les photographes partout, sont les  témoins de la diversité de tant de merveilles à travers le monde et de cultures diverses, avec l’envie de les faire partager. C’est d’autant plus facile d’avoir accès à toutes ces images du fait de la vulgarisation de la photo, d’une production d’images infinie, de sa diffusion partout, accessible à tous, sur les réseaux sociaux, internet, mais aussi dans les magazines, les livres, les prospectus… La photo impressionne moins actuellement qu’au début de son invention en 1826 (Nicéphore Niepce) où elle avait provoqué beaucoup de fascination et qui relatait  une époque maintenant révolue. Comment parler alors d’Art de la photo? Que dire aussi de la  photo d’Art? Ce sujet a fait couler beaucoup d’encre.

La photo artistique capte sentiments, émotions, conception de la vie… d’un photographe, comme pour transmettre une vue imaginaire d’un monde réel, l’âme de sa propre vision du monde, un reflet de sa personnalité, l’Art de faire rêver. Au contraire la photo réaliste, journalistique, documentaire, voire touristique… épingle une image fidèle de la réalité à un moment précis, témoin d’un fragment de temps, d’une tranche de vie. Mais là aussi la notion d’esthétisme et de photo artistique dépend du ressenti de celui qui regarde et interprète la photo. Cependant devenir un photographe en tant qu’artiste de la photo est devenu difficile actuellement. Il ne suffit plus qu’une photo soit techniquement parfaite et purement esthétique mais  il faut en plus une démarche artistique forte avec un courant émotionnel.

L’intérêt du numérique est la multiplication des prises de vue pour n’en retenir qu’une seule, « la perle » unique qui charme et suscite vraiment un intérêt, une attention particulière. Pour certaines c’est « un coup de cœur » qui dicte le choix. Je suis une amoureuse des chats qui représentent un de mes sujets de prédilection, de même le domaine floral, faire  une sélection de photos (sur des milliers !!!) pour illustrer cet article est difficile…

 

Sicile

 

 

J’ai « feuilleté » à nouveau les pages de ce blog où photos et dessins ont une place importante, car depuis longtemps photos et images ont animé mon inspiration pour des dessins, peintures, tableaux de sable, carnets de voyages… Ce sont aussi des atmosphères, des visages et paysages, lesquels alliés aux photos permettent de composer des tableaux. Mais  l’Art en général (peinture, sculpture, architecture, illustration, cinéma… ) aide en plus à développer mon propre univers artistique.

Victor HugoGuy de MaupassantLorsque j’étais enfant ce sont des reproductions de tableaux qui m’ont guidée vers la peinture à l’huile. Puis la scolarité, les études,  la vie familiale et la vie professionnelle ont laissé peu de place pour une activité artistique. Et lorsque j’ai repris sérieusement le dessin en 1998 je me suis intéressée alors à la lecture de beaucoup de livres de techniques de dessins et de  peintures mais aussi de photos. J’ai alors repris mes crayons pour ce qui me semblait le plus difficile à réaliser le portrait. Je me suis alors « attachée » à des photos anciennes de personnes célèbres. C’est ainsi que j’ai découvert des photographes comme Nadar, Carjat.., témoins de leur siècle, qui ont su apporter une certaine âme à leurs photos.

 

Neuschwanstein dans la brume en hiverPuis l’idée d’allier « plume pinceau » pour un livre m’a amenée à rassembler bon nombre de photos pour réaliser des aquarelles, afin d’illustrer chaque pensée. Mais parfois c’était l’inverse, l’évocation d’une atmosphère, d’un lieu, d’une lumière, d’un reflet, voire le sentiment d’un certain intérêt pour une prise de vue et l’émotion ressentie…  m’ont guidée vers une pensée. C’est ainsi que peu à peu s’est construit le projet, avec comme fil conducteur une fillette. J’ai alors gravi à nouveau bon nombre d’escaliers, ouvert bien des portes, retrouvé des odeurs et impressions de voyage… Staffa

Ainsi une photo n’est parfois pas qu’un simple souvenir mais l’évocation d’un ressenti passé. C’est ainsi que j’ai photographié des sites qui m’attiraient. C’est le château de Neuschwanstein en Bavière qui est apparu envoutant, mystérieux et silencieux dans la brume d’un matin d’hiver glacé ou l’île de Staffa et ses orgues basaltiques qui a surgi comme sortie du livre « le Rayon vert » de Jules Verne etc…. Ma liste serait trop longue à détailler le cheminement fait pour réaliser plus de 200 aquarelles!!!

 

Sapho - Musée archéologiqie - NaplessLors de mes voyages, un carnet d’esquisses, un carnet de voyage et toute un matériel de dessins et  peintures font toujours partie de mes bagages. Tout est prétexte à « croquer » des images et la photo m’aide ensuite à finaliser ces dessins et peintures. Mais le désir d’un voyage tient aussi à l’envie de chercher une inspiration. Ainsi lorsque j’ai commencé à peindre des panneaux de porte, j’ai voulu n’imprégner de l’atmosphère des peintures en Italie (de Pompei, Herculanum, Stabies, Oplontis, Boscoréale), mais aussi dans des musées à Rome, Florence…

 

Michel-Ange - Rome - Chapelle Sixtine - La création d'AdamJe suis très admirative de ces peintres qui autrefois peignaient de très grandes fresques, des trompe-l’œil,  sans références photographiques, ce qui demandait des heures de travail, comme par exemple Michel-Ange et le plafond de la Chapelle Sixtine et tous ces autres grands peintres dont les œuvres enrichissent les collections de musées, des églises (comme à Venise), des palais, des expositions,  etc…. On peut actuellement tous en profiter par le biais de la photographie et en posséder des reproductions.  Je mets en parallèle ces artistes peintres ou sculpteurs avec ces grands architectes, des temps anciens, qui sont à l’origine de bien des splendeurs  partout dans le monde et  qui perdurent à travers les siècles, alors que ces génies bâtisseurs  n’avaient pas recours comme aujourd’hui à l’informatique!!

Le Rayon Vert - Jules Verne - Iona - Bien que je ne sois pas une lectrice de BD (mais mes proches sont des amateurs de BD) j’ai beaucoup de considération pour ces dessinateurs qui font vivre des histoires par leurs dessins, souvent en partenariat avec un scénariste, avec cette question: où puisent-ils toute leur inspiration? De même  j’ai une attention particulière pour ces auteurs à l’image de Jules Verne, qui a connu les débuts de la photo, et écrivait des textes à partir de toute une documentation, pour apporter un certain réalisme à ses écrits, illustrés de dessins mêlant réalité et fiction.

 

 

Léda

Je me suis intéressée au Fantasy Art. C’est un Art imaginaire qui allie cette impression à la fois de de réel et de fantastique imaginée par un artiste. Je me suis replongée dans l’Art Nouveau (inspiré du monde végétal et floral). Nos voyages en Écosse m’ont permis de collecter un grand nombre de photos, un pas vers l’imaginaire dans la créativité.  C’est ainsi que peu à peu  se sont construits des projets de peintures aux multiples influences et basées sur des esquisses et un grand nombre de photos. Certaines photos ont retenu mon émotion du moment avec ce sentiment de vouloir les faire vivre autrement. C’est ainsi que j’ai vraiment eu un coup de cœur pour la statue de Léda à Dunbar  en Écosse.

 

Ecose - Sweetheart AbbeyMais  j’ai aimé aussi pour beaucoup de châteaux et abbayes en ruines en Écosse, avec leurs légendes, leurs fantômes… qui ouvrent   la voie vers un univers fantastique. Comme beaucoup, j’ai apprécié des paysages, des sites, j’ai admiré des architectures, je me suis extasiée face au génie artistique humain… avec chaque fois l’envie de les capturer avec l’objectif photos pour en conserver l’image. Pour moi la photo est indissociable de l’Art dans la créativité artistique, mais prendre une photo en elle-même artistique relève du défi.

Parfois certaines grandes affiches publicitaires retiennent une certaine attention, non pas uniquement du fait de leur côté esthétique, mais car elles évoquent en plus une certaine « résonance ». C’est ainsi durant plusieurs années, que j’ai été à l’affût  de nouvelles affiches d’une grande marque de Whisky, lesquelles étaient des photo-montages de paysages écossais, en noir et blanc,  évoquant toute une atmosphère mystérieuse et fantastique ressentie en Écosse. Parfois c’est l’image véhiculée par un programme publicitaire qui fait s’envoler les prix lors de vente d’Art contemporain. Ainsi la photo d’un cow-boy pour une marque de cigarettes a atteint chez Christie’s plus de1million de $ en 2015… Que dire de l’envolée des prix pour une photo (d’Art), comme pour « Phantom » de Peter Lik (austalien) qui aurait  atteint le record de 6,5 millions de $ ???

 

R.Demachy - Speed - 1904C’est en réalisant des tableaux de sable que j’ai voulu rechercher l’origine de certaines photos anciennes qui ont attiré mon attention avec l’envie d’en réaliser mon interprétation. C’est ainsi que j’ai cherché à en savoir plus sur ces photographes pictorialistes et ainsi revenir à l’histoire de la photo.

 

Le pictorialisme est un mouvement esthétique international, apparu entre 1890 et 1914, consistant à détacher la photo du réel absolu en utilisant des filtres et supports spéciaux pour obtenir un cliché créatif et faire de la photo un Art à part entière. Ces clichés s’apparentent plus à la peinture, la gravure, que d’une photo traditionnelle. Les bases de la photo artistique sont apparues avec la photo dite « victorienne » (1840-1880) (Julia Margaret Cameron: mise en scène artistique travaillée de ses portraits). Les « pictorialistes » ont voulu donner à la photo leur vision picturale esthétique subjective, voire poétique, en interprétant le réel, selon leurs sensibilité, leurs émotions,  leur imagination, et non pas donner une photo naturelle, réaliste (représentation fidèle du réel), sans artifices ni manipulations. La plupart des pictorialistes étaient des peintres.

En fait deux courants sont retrouvés parmi les pictorialistes: les partisans de la retouche et  la manipulation d’images (sujet à controverses), et les adeptes de la « photo pure ». Les pictorialistes étaient souvent de riches amateurs  (car la photo à cette époque était un luxe onéreux) avec le désir d’être vraiment reconnus comme des artistes.  Les contours flous, les effets d’atmosphère (brume, pluie, fumée, poussières….), la lumière avec le clair-obscur et les tonalités estompées se prêtent bien à la réalisation de tableaux de sable, ainsi que les couleurs (photos en noir et blanc avec nuances de gris ou photos couleur sépia).

 Leonard Missone - Watermill - 1900

Tableau de sable - Soir de pluie

J’ai recherché beaucoup de photos de nos albums et ce sont des milliers de photos que j’ai visionnées sur internet. Bien d’autres photographes ont retenu mon attention et ma sensibilité comme des photographes humanistes qui montrent un intérêt pour l’être humain dans sa vie quotidienne (Robert Doisneau, Willy Ronis, Henri Cartier Bresson…). Ce mouvement est apparu en 1930 à Paris, important entre 1945- 1960 et comporte de nombreuses collaborations avec des écrivains. Pour composer des tableaux de sable, j’ai souvent puisé mon inspiration dans plusieurs photos:  jusqu’à 6-7 photos différentes  comme pour  ce tableau  « promenade un soir de pluie ».

 

Man Ray - Noire et Blanche - 1926

Alors que pour d’autres tableaux le choix s’est arrêté sur une seule photo comme celle mythique  de Man Ray (photographe surréaliste américain) de 1926: « Noire et Blanche », portrait de Kiki de Montparnasse tenant un masque africain  (Baoulé), dont la vente chez Christies’s a atteint un chiffre record de 2,6 millions d’euros!!!

 

Gustave et son cheval

 

Je suis attachée à une photo ancienne qui me tient particulièrement à cœur, celle de mon grand-père maternel trop tôt disparu,  avec son cheval.

En 1999 j’avais alors dessiné son portrait (bien que cette vieille photo fut de mauvaise qualité). Je l’ai retrouvée et j’ai tenté d’en faire un tableau de sable.

 

 

L’histoire de la photo est un sujet tellement vaste ayant suscité bon nombre de citations, que je vais simplement terminer par ces 3 citations d’un photographe Remy Donnadieu:

La photographie est l’Art de peindre sans pinceau.

La photographie est la littérature de l’œil.

La photographie devient de l’Art quand elle dévoile l’âme et révèle l’authenticité d’un sujet.

 

« J’ai embrassé l’aube d’été » Arthur Rimbaud

Evocation estivale - Véranda

 

Hamac - Véranda

Un petit bercement dans un hamac et l’esprit s’est alors évadé vers une rêverie. Le regard porté sur une chaise et une table en pierre, éclairés par le soleil matinal dans une véranda, a donné l’envie de m’intéresser à la saison estivale qui a tant tardé à venir.

Le soleil vient éclairer un monde plein de grisaille, et de douleur, car Le printemps a laissé un empreinte pluvieuse remplie de tristesse et d’amertume pour tous ceux qui ont perdu pleins de souvenirs, noyés dans leur maison envahie par l’eau et la boue.

 

 

 

"Coup de balai" - Livre "Un Art de Vie"

Mais ne dit-on pas « après la pluie le beau temps »… Il faut alors reconstruire des rêves et balayer des images du passé.

 

 

Fleurs d'été - Livre "Un Art de Vie"L’été apporte sa touche lumineuse et la vie semble renaître et devenir plus facile. Cette saison inspire bien des peintres, des photographes, des randonneurs, des écrivains, des vacanciers, mais aussi des poètes comme Arthur Rimbaud où l’été s’invite dans différents poèmes dont « Sensation »:

 

 

 

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Ainsi que  Victor Hugo dans « Nuits de juin » (les rayons et les ombres)

Ecosse - Île de SkyeL’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

Fontaine - Véranda

L’évocation estivale dans une véranda éclairée par le soleil, s’organise autour de plantes, de statuettes, de coquillages et galets collectés au cours des voyages. C’est ainsi que isolé de la cohue des transports en commun et de l’agitation citadine, mais bercé par le murmure d’une petite fontaine, l’esprit s’évade vers d’autres horizons loin des tracas quotidiens, emporté vers un monde calme empreint de rêves, peut-être un pas vers « la méditation », loin d’une morosité ambiante!!! L’illusion de vacances est parfaite.

 

 

 

 

 

 

Plusieurs cottages loués en Écosse avaient des vérandas, ou des bow-windows (baies vitrées en saillie sur la façade, appelées aussi fenêtres en baie ou fenêtres arquées; en France on utilise le mot oriel). Ces lieux de vie assurent protection et repos les jours de pluie mais apportent aussi de la clarté. En été, ce sont  des espaces lumineux propices à la détente,  à la lecture et  à l’Art du pinceau et du crayon pour réaliser des carnets de voyage.

 

Old Church - Isle de Skye - Ecosse

 

 

L’été, l’une des quatre saisons,  possède plusieurs définitions:

-L’été météorologique correspond à la saison la plus chaude (où le soleil envoie le plus de lumière et de chaleur en projetant ses rayons selon un axe vertical) . Dans l’hémisphère nord cette période correspond aux mois de juin-juillet-août, tandis que dans l’hémisphère sud  ce sont décembre-janvier-février.

-L’été astronomique est défini comme la période qui débute au solstice d’été (jour le plus long de l’année) pour se terminer à l’équinoxe d’automne (durée du jour égale à celle de la nuit).

-L’été calendaire où les dates de l’été des calendriers  varient  selon les pays et en fonction des cultures. Ainsi certains pays comme en  Russie l’été calendaire correspond à l’été météorologique et commence au 1er juin. Alors que dans d’autres pays (notamment européens comme la France) l’été correspond à l’été astronomique et s’étend entre le solstice d’été (20-21 juin) et l’équinoxe d’automne (22-23 septembre). Dans d’autres pays l’été est centré sur le solstice avec comme limites les jours à égale distance des solstices et des équinoxes, ainsi dans le calendrier chinois, l’été commence vers le 6 mai et dans  l’ancien calendrier irlandais celtique, l’été débutait dès le 1er mai. En Asie (Sud et Sud-Est),  l’été serait plus généralement considéré comme la période la plus chaude de l’année allant de mars à mai-début juin, et se termine avec l’arrivée de la mousson ou des grandes pluies.

Tableau de sableLe passage à l’heure d’été et à l’heure d’hiver qui consiste à décaler les horaires est une idée ancienne qui remonte en 1784 avec Benjamin Franklin pour une économie d’énergie. En 1881 ce sera l’unification de l’heure sur tout le territoire français où l’heure de référence est l’heure de Paris qui devient l’heure nationale. L’Allemagne est la première qui va instaurer le changement d’heure le 30 avril 1916, suivie par le Royaume-Uni, puis en France en 1917, et les États-Unis en 1918. C’est ainsi jusqu’à la seconde guerre mondiale où la France va introduire alors ce qui est appelé « l’heure allemande » dans la partie occupée avec une différence de 60 minutes avec l’heure de la zone libre (au sud de la ligne de démarcation). La France va alors demeurer à cette époque à l’heure d’hiver de l’Europe centrale qui est également l’heure d’été de l’Europe occidentale.

HorlogeUn nouveau changement d’heure a été effectif en septembre 1976, du fait du choc pétrolier de 1973. Le but de cette mesure, qui devait  être provisoire, était  d’effectuer des économies d’énergie (en réduisant les besoins d’éclairage le soir). Le décalage par rapport à l’heure solaire en France est d’une heure environ en hiver et de deux heures environ l’été (avancée d’une heure au printemps et recul d’une heure à l’automne). Il est alors midi à l’heure solaire et 14 heures à l’heure légale. C’est en 1980 que ce changement d’heure estival a été introduit dans l’ensemble des pays de l’Union européenne et le passage à l’heure d’été a lieu le dernier dimanche de mars (le passage à l’heure d’hiver: le denier dimanche d’octobre).

La Chine a abandonné le changement d’heure depuis 1992 et la Russie 2011; la majorité de la population mondiale garde son heure légale constante toute l’année, car d’après des études ces changements d’heures auraient des effets sur la santé et engendreraient des troubles du sommeil lors de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire (notamment chez les enfants et les personnes âgées). Cette instauration à l’heure d’été reste très controversée, ouverte à un vaste débat, et soumise à révision  dans l’Union Européenne.

SuisseL’été pour beaucoup de monde est synonyme de vacances,  loin du travail, des contraintes de temps, des salles de classes, des examens… L’heure est alors à la détente, en famille ou avec des amis. C’est le moment pour innover des activités différentes  et éprouver de nouvelles  sensations. Pour beaucoup c’est l’envie d’une échappée loin des villes, à la campagne ou à la montagne ou une plongée en bain aquatique.

 

Ecosse - Quiraing - Île de Skye

 

Sicile

C’est le charme des ciels lumineux et colorés à l’aube ou au crépuscule. Ce sont aussi les fabuleux couchers de soleil avec parfois la chance de voir « le Rayon Vert »

 

 

Ecosse

 

 

 

 

 

Oasis - Livre "Un Art de Vie"D’autres vont partir rechercher le dépaysement dans la découverte de contrées lointaines. Les aspirations pour tous ces vacanciers sont d’ouvrir une parenthèse dans la vie quotidienne. Pour certains ce sera avant tout la détente, le repos, pour d’autres ce seront des activités sportives, des randonnées, des visites touristiques, assister à des festivals ou diverses animations estivales… C’est faire le plein d’images, de photos, de souvenirs… pour affronter à la rentrée un retour à la vie quotidienne.

 

Île de Lewis - Ecosse - Hébrides extérieures

 

FerryMais cette chance de pouvoir goûter à cette trêve estivale n’est pas permise à tous. Certains vont continuer à vivre leur vie de solitude ou n’ont pas cette possibilité de voyager et de s’embarquer ou s’envoler vers un autre univers… D’autres continuent à travailler, pour d’autres ce seront des « jobs » d’été pour payer leurs études, des saisonniers…

 

 

Lave brûlante d'n volcan - Livre "Un Art de Vie"Certains seront présents partout pour assurer sécurité et vigilance. L’été apporte aussi son lot d’embouteillages lors des grands départs, ses accidents dus à l’imprudence ou l’inconscience de certains, ses incendies qui dévastent de nombreux territoires… L’été n’est alors pas qu’une jolie carte postale!

 

 

 

 

Palette de peintures - Livre "Un Art de Vie"De très nombreux peintres ont trouvé en l’été une grande source d’inspiration, que ce soit au bord de la mer ou des lacs (Renoir, Cézanne, etc…), dans des jardins ou en pleine nature (Monet, Van Gogh, etc…), mais aussi dans les travaux des champs (Millet, Pissaro, etc…). La liste de ces peintres et leurs œuvres est tellement longue, ainsi que celle des poètes qu’il est difficile d’en faire un choix particulier. Musiciens, réalisateurs de films, écrivains etc…  l’été n’a pas fini de susciter un intérêt certain pour bien des esprits créateurs…

 

Peindre le ciel - Livre "Un Art de Vie"

 

 

 

 

 

 

C’est à chacun de se reconnaître parmi tous ces centres d’intérêt et de s’accorder avec leur créativité. Je vais ainsi conclure par quelques citations:

Sicile« L’été arrive et la vie devient facile ». Ira Gershwin

« Lumière profuse; splendeur. L’été s’impose et contraint toute âme au bonheur ». André Gide

« La nuit d’été est une perfection de la pensée ».  Wallace Stevens

« Ah, la nuit d’été a un sourire de lumière et elle s’assied sur un trône de saphir ».  Barryl Cornwall

Ecosse

Et un joli poème de Anna de Noailles, l’Inquiet DésirLe Cœur innombrable, 1901

Joie de vivre - Livre "Un Art de Vie"Voici l’été encor, la chaleur, la clarté,
La renaissance simple et paisible des plantes,
Les matins vifs, les tièdes nuits, les journées lentes,
La joie et le tourment dans l’âme rapportés.

— Voici le temps de rêve et de douce folie
Où le cœur, que l’odeur du jour vient enivrer,
Se livre au tendre ennui de toujours espérer
L’éclosion soudaine et bonne de la vie,

Le cœur monte et s’ébat dans l’air mol et fleuri.
— Mon cœur, qu’attendez-vous de la chaude journée,
Est-ce le clair réveil de l’enfance étonnée
Qui regarde, s’élance, ouvre les mains et rit ?

Est-ce l’essor naïf et bondissant des rêves
Qui se blessaient aux chocs de leur emportement,
Est-ce le goût du temps passé, du temps clément,
Où l’âme sans effort sentait monter sa sève ?

— Ah ! mon cœur, vous n’aurez plus jamais d’autre bien
Que d’espérer l’Amour et les jeux qui l’escortent,
Et vous savez pourtant le mal que vous apporte
Ce dieu tout irrité des combats dont il vient…