Regard sur un banc

Banc-aquarelle - 2005
 
 
 

 

J’ai retrouvé dans mes carnets de dessins, une aquarelle d’un banc où était posé un livre. Retour alors sur le passé pour retrouver le générique de la série télévisée (les 4400) où j’avais été attirée par cette image. C’est une invitation au repos et à l’évasion par la lecture. J’ai toujours été attirée par des bancs en pierre où l’imaginaire peut errer dans ces parcs de châteaux et où on peut se reposer à l’ombre de grands arbres avec un livre en main. C’est ainsi que j’ai eu mon banc en pierre dans mon petit jardin sous un bouleau pleureur.

 

Banc de jardin

 

L’esprit s’évade à la lecture d’un livre. Je me rappelle, quand j’étais adolescente, de la lecture du « Grand Meaulnes » de Alain Fournier où je parcourais ce domaine mystérieux lieu d’une fête étrange. Plus tard ce sont des poésies qui m’ont fait voyager dans le temps comme la « Fantaisie » de Gérard de Nerval

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… et dont je me souviens !

 

Ou le « Colloque sentimental » de Paul Verlaine

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

– Te souvient-il de notre extase ancienne?
– Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne?

– Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? – Non.

Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! – C’est possible.

– Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !
– L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

 

Depuis j’ai parcouru d’autres horizons, d’autres univers et je me suis assise sur bien des bancs, tous différents. Qu’ils soient en bois, en pierre ou métallique, ils ont tous leur histoire et ont accueilli tous ces gens qui faisaient une halte pour se poser, se reposer, « se bécoter sur les bancs publics », lire, dessiner, prendre des photos…  Que d’histoires à imaginer…

 

 

Je termine ce regard sur les bancs par une anecdote de voyage. Mon mari et moi, amateurs de photos, nous nous étions pris mutuellement en photo assis sur le même banc, mais chacun avec notre appareil.  Grâce à la magie de l’informatique et de photoshop mon mari a pu nous réunir sur le même banc. Et ce fut le départ d’un jeu où chaque fois que je vois un banc nous prenons une photo tour à tour, mais avec le même appareil photo maintenant. Ensuite c’est l’artiste informaticien-photographe qui nous réunit. Nous remercions avec un sourire de connivence les gens qui gentiment se proposent de nous photographier ensemble car « non merci ce n’est pas la peine »… Et le jeu s’est étendu et a dépassé le domaine des bancs: souches d’arbre, vieilles pierres, ancre de marine, paysages… l’imagination ne manque pas  pour faire des albums de « Voyages à deux ».

 

2 réflexions sur “Regard sur un banc

  1. Regard sur un banc.
    Tout de suite, quand j’ai vu le banc, un bonheur passé m’est revenu en mémoire.
    Un bonheur que je revoie chaque fois que je passe devant la maison de mes grands parents paternels que j’aime tendrement.Devant la maison, sous la fenètre il y avait un banc en bois.
    Le banc n’est plus là, il est chez ma maman, leur maison est toujours idem.
    Eh bien chaque fois que je passe, assez souvent car j’habite tout près…j’ai la vision de ma très Chère Grand-Mère assise sur son banc, lisant son « pélerin » ou avec nous la voisine… etc.
    Quand j’ai eu ma maison, mon mari et mes frères m’ont fabriqué le mème, et j’en ai un en pierre de la grand mère de mon mari. En tant qu’assistante maternelle, ils ont beaucoup servis pour lire des livres aux enfants ou simplement pour se faire caliner en révant. j’ai 4 bancs mon mari me freine sinon…..Excusez moi d’ètre longue mais je tenais à faire partager mon souvenir. Amicalement.

    • Bonjour,
      Je viens juste de rentrer de vacances et je viens de lire votre commentaire et c’est avec plaisir que j’ai partagé votre agréable souvenir. Je suis heureuse que mon article ait éveillé en vous « un bonheur passé ». C’est agréable de faire partager ce qu’on aime. Dommage il n’y a pas de photos de vos bancs. Amicalement Françoise

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